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QUAND VIENDRA LA LUMIERE...


Eric Garault

Les images qui suivent se divisent en deux parties : Des portraits de ruraux (1) qui attendent l’arrivée de l’électricité, et d’autre part des portraits d’habitants des favelas (2) qui ont un rapport parfois surprenant à l’énergie électrique, dont ils s’accommodent plus ou moins bien ! L’assemblage en diptyque permet de relier portraits et aménagements d’intérieur. Au-delà des images, ce travail raconte des histoires de vies et de dignité de familles défavorisées qui ont ou vont, enfin avoir accès à ce bien primordial. De la campagne à la ville, entre absence d’énergie et multiples accommodations dans la vie de plusieurs familles des favelas, une petite lumière éclaire la compréhension de ce que représente l’accès à ce bien primordial. Toutes les images ont été réalisées au cours d’un premier voyage entre juin et août 2004 et d’un second en juin et juillet 2005 dans l’Etat de Rio de Janeiro. C’est l’un des Etats les plus petits du Brésil, mais dans lequel existent d’importantes disparités sociales. Par ailleurs, l’idée n’était pas de faire du misérabilisme (le nord du pays est beaucoup plus pauvre), mais de saisir l’espoir et la dignité qui émane de ces populations. Le programme « Luz para todos » (Lumière pour tous), mis en place par le gouvernement actuel du Président Lula a pour but de promouvoir le droit fondamental d’accès de tous à une énergie indispensable. Ainsi entre fin 2004 et fin 2008 chaque habitation rurale devrait recevoir un équipement minimum gratuit pour accéder à l’électricité. Dans ce grand pays émergent, 11e à 14e (selon les sources) puissance économique mondiale (PIB en dollars), et 65e sur l’échelle de l’indicateur de développement humain (IDH), les actions de développement pour un accès universel à l’électricité sont très importantes. Aujourd’hui, douze millions de brésiliens vivent sans électricité. Dans le contexte économique mondial, l’énergie est de plus en plus considérée comme une marchandise, plutôt qu’un droit. Selon le Ministère des Mines et de l’Energie brésilien, 90% des familles qui n’ont pas accès aux réseaux d’énergie ont des revenus inférieurs à 780 reais, soit 216 € par mois. Ainsi, « Luz para todos » peut être considéré comme un déclencheur de développement économique et social. De plus, il est impossible de savoir combien d’habitants des favelas (les quartiers pauvres), se voient contraints, faute de moyens, de se procurer leur énergie de manière clandestine. En effet, selon, l’ILUMINA (Institut de Développement Stratégique du Secteur Electrique) le tarif de l’électricité au Brésil est le 5e plus cher au monde. La population réagit à ces prix inabordables en diminuant sa consommation, en ne payant pas les factures et même en volant de l’électricité. Dans les quartiers à bas revenus de Rio de Janeiro, la compagnie Light (filiale d’EDF) estime que 60% de la consommation totale d’électricité fait l’objet de fraudes ou ne sont pas payés. Ce chiffre semble important, mais il ne représente que 20% des pertes totales de la ville constatée par Light. En effet, 80 % des fraudes viennent de ceux qui peuvent payer leur consommation, c’est-à-dire : Les motels, salles de spectacle, supermarchés, usines de glaçons, voir même des riches résidences de Barra da Tijuca, l’un des quartiers dont la concentration des richesses est la plus élevée de la ville. ANNEXES Itinéraire: . Serra Queimada est une ancienne exploitation agricole qui a été vendue à 142 familles, fin 2001, par l’intermédiaire de la Banque de la Terre. Cette dernière a été créée en 1998, par la loi constitutionnelle, pour financer directement des travailleurs ruraux et leur permettre l’acquisition d’un lopin de terre. Il s’agit d’une mesure des pouvoirs publics qui par le biais des crédits fonciers vise à améliorer la redistribution des terres pour consolider les propriétés familiales. Les agriculteurs bénéficient d’un crédit de 20 ans avec une carence de 3 ans. Les trois premières années, ils s’installent petit à petit, construisent leur maison et commencent à travailler la terre sans payer leur dette. Les habitants de Serra Queimada que j’ai rencontrés possèdent leur propriété depuis environ deux ans et demi. Ils ont créé des associations et des coopératives pour faciliter la vente de leurs productions et l’obtention de subventions. Pour beaucoup d’entre eux, c’est la première fois qu’ils ont accès à la propriété, puisque avant ils travaillaient pour d’autres exploitations. Aujourd’hui ils cultivent des légumes qu’ils vendent aux marchés de Rio de Janeiro. Ils travaillent d’autant plus durement qu’ils devront commencer à payer leur crédit dans peu de temps, mais leur condition n’est pas évidente car ils n’ont pas l’électricité. C’est pourquoi ils attendent avec impatience l’arrivée de celle-ci qui devrait améliorer leurs méthodes de travail, les rendements et bien sûr leur condition de vie. . Furquilha est une vallée dans la campagne de Paraty. Cette ville historique, au bord de mer, localisée entre Rio de Janeiro et Sao Paulo, est un paradis touristique. Dans ces montagnes habitent un grand nombre de familles. La plupart sont des travailleurs agricoles, d’autres des gardiens de maisons de campagne dont le nombre ne cesse d’augmenter. Les premiers ont souvent un petit terrain où ils cultivaient des bananes et fabriquaient de la farine de manioc. Aujourd’hui avec la chute du prix de ces produits, ils se sont vus obligés de travailler pour d’autres propriétaires ou chercher du travail dans le tourisme. Pour la plupart des familles de cette région, l’électricité est un luxe dont ils rêvent. Il n’y a pas de poteaux électriques à proximité et y remédier coûte très cher. Pour l’éclairage, ils sont contraints d’utiliser des bougies et des lampes à kérosène ou à gaz. « Luz para todos » donnera à ces gens, l’accès à l’électricité qui les fera bondir du 19è au 21è siècle. . Le regroupement de Sans Terre "Terra Nostra" existe depuis 7 ans. Il est constitué de familles de paysans qui cherchent à obtenir une parcelle de terre par le biais de la réforme agraire. Ils sont actuellement 129 familles. Le campement est itinérant. Ils sont déjà passés par différents lieux. Ce site de Casimiro de Abreu a été saisi par la Banque du Brésil pour couvrir les dettes de son ancien propriétaire. Sachant qu’il s’agit d’un terrain réservé à la réforme agraire, ils sont arrivés un soir d’août 2004 et ont occupé les lieux en construisant leurs baraques, en creusant des puits pour avoir de l’eau et ont fabriqué des fourneaux en terre pour cuisiner. La vie au camp est très organisée. Ils sont divisés en groupes de travail; certains essayent de trouver de petits boulots dans les villes d’alentour, mais la plupart, aident à la maintenance du camp. Ils souffrent beaucoup d’hostilité de la part des propriétaires voisins qui craignent une invasion sur leurs terres. Ce groupement de Sans Terre est soutenu par la FETAG - Fédération des Travailleurs Agricoles. Ils ont déposé une demande à l’INCRA (Institut National de Colonisation et Reforme Agraire) pour que le processus de réforme agraire ait lieu et qu'ils puissent obtenir cette terre. Ils se sont installés provisoirement, mais espèrent que la réforme pérennisera leurs efforts et qu’ils pourront définitivement jouir de cette terre. .Le "Complexe Maré" est le plus grand complexe de favelas de Rio de Janeiro et un des sites populaires les plus connus du pays. Il comprend 16 favelas qui se situent aux environs de la Baie de Guanabara, sur l’Avenue Brésil, l’axe principal d’accès à la ville. 130 000 personnes y habitent. Le Complexe Maré a toujours été très connu sa très grande précarité. Le nombre des factures d’électricité impayées est grand. Le vol d’énergie est également pratiqué par le biais des liaisons clandestines connues de la population comme le « gato » (le chat qui est si agile et rapide pour voler). Dans certaines favelas, comme Marcilio Dias, rares sont les maisons qui comptent un compteur. Le piratage d’électricité est la norme. . Borgauto ou comme préfèrent dire leurs habitants "Résidence Palace 2", était un ancien magasin de pièces automobiles qui a fait faillite en 1998. L'espace a d'abord été occupé par la famille de l'ancien gardien. Puis, d'autres familles se sont installées. Aujourd'hui, environ 400 familles occupent l'espace de 5520 mètres carrés. L'occupation du local est illégale, et les familles luttent en justice pour avoir le droit d'y habiter. L'électricité et l'eau arrivent par des installations clandestines. Très organisés, les habitants comptent avec un système de gardiens qui contrôlent l'entrée des étrangers. . Rocinha, la plus célèbre des favelas de Rio. Elle a été la plus grande favela d’Amérique Latine, jusqu’à son émancipation en quartier en 1992. Elle se situe dans la zone sud, aux côtés des quartiers très aisés comme Sao Conrado et Gavea. Sa population est d’environ 250 000 habitants. Il s’agit d’un vrai labyrinthe, doté d’étroites ruelles et de passages. Tout est immense et confus. La croissance désordonnée du quartier impressionne car les maisons se chevauchent. Les prix sont de plus en plus chers par manque de place pour les nouvelles constructions ainsi les familles se débrouillent comme elles peuvent en construisant des étages sur les maisons de base. Campinho da Independência , est une communauté noire située à quelques kilomètres de Paraty. Ces habitants, les quilombolas, sont les descendants d’esclaves africains. 80 familles vivent à Campinho. Certaines ont de l’électricité, d’autres non. Le début du site est aux bords de la route. Ainsi, les premières maisons sont équipées de compteurs, qu’elles partagent avec celles qui sont plus en arrière du terrain. De petits poteaux réalisés avec des branches d’arbres soutiennent quelques fils électriques qui acheminent le courant lorsque c’est possible aux plus reculées. Le gaspillage dû aux pertes en lignes et le peu de capacité entraîne souvent des coupures. La communauté quilombola est assez parcellée, certains vivent de leur production agricole, d’autres de l’artisanat, ou de travaux de bâtiments. Formosia est une communauté rurale située entre les villes de Italva et Cambuci dans l’état de Rio de Janeiro. Une centaine de familles y habitent. Toutes pratiquent l’agriculture, essentiellement le lait et la tomate. L’électricité est presque présente dans tous les foyers. Les installations des poteaux et des compteurs ont eu lieu, il y a huit ans environ lors d’un ancien programme gouvernemental qui imposait aux compagnies d’équiper les foyers le désirant contre le paiement de l’installation. Ainsi les familles continuent de rembourser d’importants crédits qui s’ajoutent aux prix des factures.


 

Eric Garault / Picturetank GAE0121764

texte présentation expo: Quand viendra la lumière...

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121773

Maria das Graças Nascimento, 33 ans et ses enfants: Sabrina, 6 ans, Joao Gabriel, 2 ans et Pedro Augusto, 7 ans. Maria et son mari, Joao ont la propriété d'une parcelle de terre depuis 2 ans, mais n'y sont installés que depuis 6 mois. L'eau vient d'un puit qu'ils ont creusé. L'électricité, Graça en rêve toutes les nuits. Au loin, un voisin a la lumière. Il a tiré un câble qui traverse une rivière depuis une ancienne propriété. La nuit Graça regarde cette lumière, ça la rend folle. Joao travaille dans la terre, ils cultivent du gombo et du manioc, Graça l'aide parfois, mais les enfants occupent beaucoup de son temps. L'électricité pourrait les aider à mieux vivre: ils auraient la lumière, une pompe à l'eau, un appareil de nébulisation pour les enfants. SERRA QUEIMADA, CACHOEIRAS DE MACACU (RJ) BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121785

Gleide Andrade Eugênio, 26 ans et deux de ses enfants Michele, 2 ans et Filipe 6 ans, habite cette maison avec ses enfants et son mari, José Carlos de Araujo Eugênio depuis 1 an 1/2. Depuis qu’elle connaît le projet "Luz para todos", elle imagine comment elle organisera la maison lorsque la lumière arrivera. Par ailleurs, elle songe déjà à faire des économies, car elle sait que l’énergie améliore les conditions de vie, mais qu’elle a un prix qui amputera le budget familial. Pour cela, elle réfléchit à une façon de rentabiliser les coûts, en réalisant un élevage de poulets, par exemple... SERRA QUEIMADA, CACHOEIRAS DE MACACU (RJ) - BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121789

Quand Maria Célia Prado Lima, 44 ans et Demilson Chagas, 47 ans sont arrivés à Serra Queimada, ils habitaient dans une tente. Petit à petit ils ont commencé la construction de leur maison. Depuis 1 an, ils’y sont finalement installés. Avant ils habitaient une maison où il y avait de l'énergie. L'adaptation n'a pas été évidente. Dans leur actuelle maison, ils ont plusieurs luminaires et appareils électriques. Ne pas pouvoir les utiliser est une grande frustration. Célia se demande s’ils fonctionneront toujours, le jour où l'énergie arrivera? Le soir, de loin elle voit la porcherie de l'ancienne exploitations qui est illuminée jour et nuit, c'est un vrai désarroi de voir la lumière si proche… Rien que pour les cochons ! SERRA QUEIMADA, CACHOEIRAS DE MACACU (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121792

Valéria Batista Caldaguino, 36 ans et Geoci Freire Mendonça, 36 ans. Geoci s’est installé tout seul au début pour la construction de la maison. Valéria est venue 1 an et demi après. Ils ont vendu leur télévision et ont prêté leur frigidaire à un ancien voisin. Valéria ne s’habitue pas à sa nouvelle vie et se demande si tant d’efforts seront un jour récompensés. Quel est le meilleur compromis se questionne t-elle, être propriétaire sans électricité ou locataire avec le confort ? Dans la maison, l’installation électrique est prête. Ils attendent avec impatience l’arrivée de l’électricité pour acheter une nouvelle télévision et le plus possible d’électroménager. SERRA QUEIMADA, CACHOEIRAS DE MACACU (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121796

Sandra Maria Carvalho de Almeida, 26 ans et ses enfants: Jean, 7 ans, Gilmar, 5 ans, Angelina, 3 ans et Ketlen, 7 mois habitent dans cette maison, avec, José Antônio de Almeida, 32 ans qui travaille comme jardinier à 2 heures à pied de la maison. Ils n’ont pas d'énergie électrique dans leur maison. Certes L'électricité permettrait de conserver les aliments au frigo, un fer à repasser et une machine à laver faciliteraient la vie, mais ils s’en accommodent. L'absence d'électricité ne leur semble pas quelque chose de très mauvais. Ce sont les enfants qui la regrettent … Ils pourraient regarder la télévision, ils en rêvent tant ! FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121801

Jurandir Alves, "Juranda", 58 ans, Geni Teixeira Alves, 53 ans et leur petit-fils, David, 9 ans. Ils sont gardiens dans une petite propriété. Comme la plupart des habitants de la région, ils n'ont pas l'électricité. La maison principale appartient à un couple de Sao Paulo qui vient y passer leurs vacances. Elle est équipée d'une installation à gaz pour la lumière et le chauffe-eau, mais ils n’en profitent pas. Ils ont également un générateur à diesel, dont ils peuvent se servir, mais Juranda et sa famille ne l’utilise pas car le diesel est trop lourd à transporter et beaucoup trop cher. Ils se débrouillent avec les lampions et bougies, qu’il posent sur les interrupteurs comme pour conjurer le sort. FURQUILHA, PARATY (RJ) - BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121849

Juarez Pereira Lima, 42 ans et Maria Nilzete Aguiar Lima, 46 ans habitent cette maison avec leur deux filles Marilza, 12 ans et Luzia, 1 an. C'est la maison des parents de Juarez, dans laquelle la famille habite depuis 4 ans. Ils ont leur propre maison un peu plus loin, mais pour que sa fille aînée puisse aller à l'école, c'était plus simple d'habiter là, à proximité du dernier arrêt du car scolaire. Avant ils vivaient de la vente des bananes, mais aujourd'hui, avec la chute des prix, ce n'est plus possible.Ils possèdent deux vaches et s’occupent de celles d’un voisin en échange du lait. Juarez cultive des légumes pour leur consommation personnelle, sa femme fait du fromage, ainsi ils vivent en quasi-complète autosuffisance alimentaire. Par ailleurs, Il fait des petits travaux à droite et à gauche chez d'autres propriétaires pour joindre les deux bouts. Pour s’éclairer, ils utilisent des lampions à kérosène. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121850

Maria Nilva Gomes de Aguiar, 37 ans et ses enfants: Giovane, 3 ans et Simone, 2 et Ricardo Marcelino de Aguiar, 38 ans. Ils habitent dans cette maison, tout en haut de la montagne depuis 5 ans. Faute d'avoir de l'énergie électrique, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies. Nilva fait très attention à cause des enfants. Il y a 1 an, une bougie est tombée sur le lit de la petite. Le matelas a été brûlé de moitié, l'enfant n'a rien eu. Nilva aimerait donner une vie meilleure à ses enfants. Leur maison étant très éloignée des autres, ils ont beaucoup de mal pour recevoir des informations et finissent par ne pas être au courant des programmes d’aide, de santé ou de vaccination dont ils peuvent bénéficier. Ne pouvant pas toujours acheter des piles pour la radio, leur état d’isolement est grand. L'arrivée de l'électricité par le programme "Luz para todos" sera pour eux une opportunité d'avoir accès à l'information . Nilva se demande seulement comment ils pourront la payer. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121851

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121852

Eraldo de Oliveira, 30 ans et sa fille, Sara Lucia, 3 ans. Avec sa femme Jomara, 21 ans et leur trois enfants: Sara, Savio, 2 ans et Sandy, 3 mois, ils habitent dans cette maison, dans la campagne de Paraty, depuis 1 an. Eraldo dit avoir laissé son ancienne maison à la ville avec de l'électricité pour la tranquillité. À côté de celle-ci il construit une autre maison plus grande et il s’atèle à toute l'installation électrique, pensant déjà à l'arrivée de l'énergie électrique par le programme "Luz para todos". Chez lui, comme chez beaucoup d’autres qui n’ont pas d’électricité, il a plusieurs astuces pour conserver la nourriture, faute d’un frigo : les viandes sont salées et fumées, des glaçons achetés. Pour l’éclairage, ils utilisent des lampions à kérosène et des bougies. Parfois des ampoules alimentées par la batterie de la voiture, illuminent la chambre de bébé. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121853

Denira Givigieri Marinho, 43 ans et David Pinheiro Marinho, 52 ans et leurs enfants Daniel, 7 ans et Feliana 20 ans. Ils suivent des campements de sans terre depuis 7 ans. Cela fait 15 jours qu’ils sont arrivés à Terra Nostra et ils ont construit leur petite baraque avec des matériaux de récupération. David termine tout juste de construire des abris pour ses poules. Par ailleurs, ils possèdent des chevaux, des dindes et des canards ce qui les distingue des autres occupants du campement. Ils aiment plaisanter en disant qu’ils sont les campagnards du groupe puisqu’ils construisent toujours leur maison à l’écart du camp. Ils espèrent cette fois que ce n’est plus du provisoire mais qu’enfin la décision sera prise de leur octroyer cette Terre. CAMPEMENT DE SANS TERRE "TERRA NOSTRA", CASIMIRO DE ABREU (RJ) - BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121854

Maria José Meira dos Santos, "Zeze", 48 ans. Elle habite avec son mari Adilson Bento de Oliveira, 32 ans. Un jour Zeze a pris quelques affaires dans la maison où habitait le couple décidé à joindre le groupe de Sans Terre, suivant son rêve d’avoir un lopin de terre où planter. Son mari l’a suivi. Les enfants de son premier mariage sont resté dans l’ancien village. Au départ, ses enfants ont eu peur pour elle, les histoires de violences contre les Sans Terre sont très connues, et puis ils se sont habitués à l’idée. Elle ne se plaint pas des dures conditions de vie au camp, ce qui lui manque, c’est sa famille qui est loin. Quant au confort, l’electricité, dit-elle « ça on l’aura après ». CAMPEMENT DE SANS TERRE "TERRA NOSTRA", CASIMIRO DE ABREU (RJ) - BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121864

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121865

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121866

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121867

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121871

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121869

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121868

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121872

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121870

Leci Menegatti Soares, 66 ans et Alcir Soares, 82 ans habitent leur maison dans la campagne de Paraty depuis 40 ans. M. Alcir aime raconter que lui et sa femme ont 50 ans de mariage, 16 enfants, 60 petit-fils et 14 arrière petit-fils!! Ils attendent l'arrivée de l'énergie avec beaucoup d'enthousiasme. Ils pourront avoir un frigo pour y mettre des médicaments et des aliments. Ce sera une fête de voir des lampes s’allumer. Pour le moment, ils utilisent des lampions à diesel et des bougies pour s’éclairer. Constamment inquiets, ils ont peur de s'endormir la nuit avec une bougie allumée et de provoquer un incendie. FURQUILHA, PARATY (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121855

Maria Luzia de Oliveira Lima, 69 ans et son petit-fils, 3ans. Elle habite le quartier depuis 48 ans, elle se souvient de l'époque où les maisons étaient en pilotis. Actuellement, 10 personnes habitent la maison. Parmi les cinq adultes, peu ont un travail stable, la plupart ne font que des petits boulots. Leurs revenus sont faibles et ne suffisent pas à couvrir les dépenses de la maison. Ils ne payent pas l’électricité depuis un certain temps, leur dette envers la compagnie d’électricité, Light, est actuellement en négociation. Une étude est menée par l’assistante sociale de la compagnie en relation avec les agents de terrain pour connaître les revenus et les dépenses de la famille. PARQUE MARE, COMPLEXO DA MARE - RIO DE JANEIRO (RJ) - BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121856

Eva Maria dos Santos, 52 ans, avec son fils Alexandre , 29 ans, sa fille, Adriana, 30 ans et ses petits-enfants: Daiane, 8 ans, Ingride, 4 ans et Leticia, 2 ans. Alexandre est le seul à apporter un peu d'argent à la maison avec ses petits boulots car son gendre est en prison. La famille vit de façon très précaire certes, mais possède de l’électroménager dont un frigo qui consomme beaucoup de courant car sa porte ne ferme plus. Il faut dire qu’ils l’ont récupéré chez des riches qui s’en débarrassaient. D’autres apareils, comme la chaîne hi fi et la télé, ont été achetés à crédit, cette dernière reste allumée toute la journée. Ils n'ont pas les moyens de payer l'électricité. Eva a une grande dette envers la compagnie Light. Elle a peur que son nom figure sur la liste du SPC "Service de Protection au Crédit", ce qui les empêcherait d'acheter à crédit. PARQUE MARE, RIO DE JANEIRO (RJ) - BRÉSIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121857

Sônia de Souza Salomao, 29 ans et sa nièce Rafaela, 4 ans habitent la maison avec son père, sa soeur et sa nièce. Les après-midi, le salon se transforme en maternelle. Sonia qui est institutrice, accueille 8 enfants de 3 à 4 ans. Elle espère pouvoir agrandir la maison pour transférer sa petite école maternelle au deuxième étage et avoir de l'espace pour accueillir d'autres enfants. Pour réaliser ce projet, elle économise sur tout ce qu’elle peut. Ainsi elle fait très attention à sa consommation électrique, elle dit en riant qu’elle n’aura pas la palme de la meilleure cliente chez Light. Elle n’utilise plus son vieux congélateur qui est devenu une armoire pour ranger les casseroles, son frigo lui suffit. PARQUE MARE, COMPLEXO DA MARE - RIO DE JANEIRO (RJ) – BRESIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121858

Maria de Lourdes de Souza, 68 ans -selon ses calculs-… 57 ans selon sa carte d'identité. À cause de la confusion à propos de son âge, elle ne peut pas encore percevoir la retraite. Elle a travaillé toute sa vie comme femme de ménage à Copacabana, mais sans jamais de vrais contrats de travail. Elle ne pourra donc percevoir qu’une petite retraite. Pour se débrouiller, elle fait des couvre-lits à partir de bouts de tissus qu’elle récupère auprès d’une usine et qu’elle vend à des associations et orphelinats. Sa maison n'a pas d'électricité, c’est un choix. Selon Maria de Lourdes les prix sont trop élevés, et après tout vivre sans la fée électrique elle y est habituée ! PARQUE MARÉ, RIO DE JANEIRO, RJ - BRÉSIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121859

José Alves Ferreira, 73 ans et son épouse Margarida do Nascimento Ferreira, 72 ans. Ils habitent à Marcilio Dias depuis 20 ans. Au départ leur maison était sur pilotis, au-dessus du marais. Aujourd'hui, le quartier a changé, mais pas la précarité. José est charpentier et sa maison en bois est "faite et refaite plusieurs fois". Dans ce quartier, l'eau et électricité arrivent dans la plupart des maisons par des installations clandestines. Sachant que les habitants sont très pauvres et que les chances de payer les factures sont faibles, les compagnies préfèrent ne pas investir dans des installations correctes. Les habitants ont l'impression d'être livrés à eux-mêmes, comme dit Margarida, "de toute façon rien ne changera jamais pour nous". MARCILIO DIAS, RIO DE JANEIRO (RJ) - BRÉSIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121862

Ana Lucia Pereira, 37 ans, habite à Palace II depuis 4 ans avec deux de ses filles. Elle travaille comme femme de ménage dans le centre ville de Rio pour une famille allemande. Petit à petit elle construit sa maison avec l’aide de ses voisins. En effet, les habitants s’entraident pour les travaux de construction. Ils sont très attentifs à l’image de leur résidence. Pour cela des règles ont été établies, comme l’obligation de ne pas laisser les murs inachevés à l’extérieur. La vie en communauté rassure Ana Lucia, plus de sécurité et d’entraide, loin de la réalité de la favela, entraîne un confort de vie non négligeable. Elle aimerait bien avoir l’électricité dans de bonnes conditions pour pouvoir prend une douche chaude, mais surtout pour la climatisation. CONDOMINIO PALACE II, "BORGAUTO" - RIO DE JANEIRO (RJ) – BRÉSIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121861

Maria de Fatima Alexandre dos Santos, "Fafa", a 43 ans et habite à Borgauto depuis 3 ans avec ses 2 filles, un beau-fils et 3 petit-fils. Elle et ses filles travaillent dans un restaurant. Avant elle habitait à Nova Holanda, favela du "Complexe Maré". Un jour, elle a appris l’existence du squat, elle est venu s’y installer, quittant son petit appartement dont le loyer était très cher. Elle aimerait voir la régularisation de leur logement. Cela déclancherait des travaux pour obtenir une véritable installation électrique aux normes. Le « gato » (liaison clandestine) ne leur permet pas de faire fonctionner la douche électrique, par ailleurs les variations de courants finissent toujours par casser les appareils électroménagers. Mais ce dont elle a surtout besoin, c’est une facture, le justificatif de domicile indispensable à toute démarche administrative. CONDOMINIO PALACE II, "BORGAUTO" - RIO DE JANEIRO (RJ) – BRÉSIL

30/10/2007

 

Eric Garault / Picturetank GAE0121863

A Rocinha, Guilherme Amaral, 18 ans, montre la photo de son cousin Marcelo avec sa femme, Fabiana. Guilherme travaille au rez-de-chaussée, où il assure un commerce d'eau minéral. Dans le salon de l'appartement du couple des fils électriques de moyenne tension traversent les murs. Dans les favelas, tel le Rocinha, il est très difficile de contrôler les nouvelles constructions. Comme Marcelo, la plupart des habitants construisent leur maison en « avalant » un bout de la rue, des poteaux ou des fils électriques, c'est après qu'ils informent la compagnie de la situation, pour qu'elle fasse le nécessaire. Parfois cela peut prendre des mois car il faut repenser l’installation électrique. Tout ceci ne fait qu’accroître les problèmes d’urbanisme des favelas. ROCINHA - RIO DE JANEIRO (RJ) – BRÉSIL

30/10/2007



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