« La pénurie d’eau est le plus grand danger pesant sur la planète », affirme M. Koïchiro Matsuura, directeur général de l’UNESCO. Le São Francisco, le ‘fleuve de l’unité nationale’, le plus grand fleuve entièrement brésilien, qui courre sur prés de 3000 kms (dont la moitié en zone semi-aride), est gravement menacé par un modèle de développement qui le rend anémique. C’est dans ce contexte que, sous la pression populaire et grâce à une loi de 1997, vient de se créer le Comité du Bassin Hydrographique du São Francisco (CBHSF). Sorte de ‘parlement de l’eau’, il donne la même voie au pêcheur, au petit agriculteur, au grand propriétaire, au politique... pour essayer de gérer ensemble la destinée du fleuve. Implanté depuis décembre 2002, il représente le paris d’une gestion environnementale participative sur un territoire plus grand que la France.
Tâche d’huile dans l’eau. Le fleuve est souvent considéré comme une immense chasse d’eau qui emmène tout ce que l’on y jette. Port de Xique-Xique, Bahia, Brésil
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Chercheurs de diamants près de la source du fleuve São Francisco. La prospection mécanique a été interdite il y a 15 ans par l’IBAMA (Institut de l’environnement brésilien) du fait de son impact sur cette zone protégée.
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La lessive est souvent effectuée directement dans le lit du fleuve. Matias Cardoso, Minas Gérais, Brésil
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Le peuple Truka invoque son Dieu, le ‘Paitupan’, présent dans chaque pierre, chaque plante, chaque être vivant… Le rituel, le ‘toré’, peut durer quelques heures ou plusieurs jours. Les pieds martèlent le sol. L’eau évite la poussière due à la terre sèche. Ilha da Assunçao, Cabrobo, Pernambuco, Brésil.
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« Ma vie a toujours été de pêcher et travailler mon bout de terre au bord du fleuve. Avec les nouvelles lois, je ne peux plus planter, ça veut dire que je dois voler pour pouvoir manger ? Celui qui ne peut pas travailler va apprendre à tuer et voler, il ne va pas rester avec la faim au ventre. La guerre civile ne va pas tarder... » Antonio Anselis Bispo, dit Guri. São Francisco, Minas Gérais, Brésil
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« Paix pour les eaux ». Défilé des écoles lors de la journée mondiale de l’environnement. Três Marias, Minas Gérais, Juin 2003. Brésil
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Janeir Soares Barbosa, membre suppléent du CBHSF dans la section de ‘distribution de l’eau’, prés de la carte des canalisations d’égouts existantes de la ville de Pirapora (environ 50 000 habitants). Seuls 14% des eaux usées des quelque 13 millions de personnes qui vivent dans le bassin du fleuve sont traités, ce qui en fait la principale source de pollution du São Francisco. Pirapora, Minas Gérais, Brésil
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Prospection mécanique de diamants, sur ce qui fut une berge verdoyante. Deuxième source de pollution du fleuve, l’industrie minière (zinc, or, diamants…) est très développée dans le ‘haut-São Francisco’. São Gonçalo, Minas Gérais, Brésil
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Canal du projet d’irrigation de Jaiba. Né dans les années 80, il prévoit d’irriguer 100.000 hectares, pompant 80 mètres cubes par secondes dans le lit du São Francisco (soit près d’un dixième du débit du fleuve en saison sèche). Pour l’instant, seul 10% du projet est implanté. Jaiba, Minas Gérais, Brésil
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Il faut déplacer les tuyaux, trop courts, une fois par jour. Alexandre Mendes Pereira n’avait pas l’argent nécessaire pour planter pour lui. Il loue donc ses services et son champ à une firme multinationale, qui produit des graines de maïs et de sorgho à moindres frais.
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Station de pompage du projet d’irrigation de Jaiba. Né dans les années 80, il prévoit d’irriguer 100 000 hectares, pompant 80 mètres cubes par secondes dans le lit du São Francisco (soit prés d’un dixième du débit du fleuve en saison sèche). Pour l’instant, seul 10% du projet est implanté. Le niveau du fleuve est bas… Jaiba, Minas Gérais, Brésil
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Sur la carte, la portion du fleuve de 1371 kms, autrefois navigable. L’ensablement ne permet plus le passage des bateaux de fret que sur la moitié de cette zone. Les bureaux de la FRANAVE, la compagnie de navigation du São Francisco, ne voient plus passer aucun d’eux. Pirapora, Minas Gerais, Brésil
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Le lac, résultant de la construction du barrage de Sobradinho, est le plus grand d’Amérique du Sud et provoque une énorme évaporation. Premier d’une série de 7 grands barrage, il régule le débit du fleuve São Francisco et facilite ainsi le fonctionnement des usines hydroélectriques en aval. Il a bouleversé la structure agricole en empêchant le phénomène des crues et décrues. Sobradinho, Bahia, Brésil.
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Poissons natifs, capturés en 1987, avant la création du barrage d’Itaparica qui va empêcher les crues du fleuve, et donc leur reproduction. Station de pisciculture de la compagnie hydroélectrique CHESF, Paulo Afonso, Bahia, Brésil
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Autrefois, chaque année, la crue du fleuve São Francisco venait remplir les ‘lagunes marginales’, pouponnières nécessaires à la reproduction de certains poissons, dont les alevins retrouvaient les eaux courantes l’année d’après. Voilà 4 ans qu’il n’y a pas eu de vraie crue. São Francisco, Minas Gérais, Brésil
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Poissons trop petits (pour le piau, la taille limite est fixée à 25 cm), pêchés sans carte de pêche, dans une lagune interdite. Barra, Bahia, Brésil
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Les piranhas sont la plaie des pêcheurs: leurs dents tranchantes coupent les filets. Ils sont pêchés avec un morceau de viande accroché à un hameçon monté sur un câble en métal. On en trouve parfois sur les marchés.
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Exploitation de pisciculture implantée dans le lac artificiel dû au barrage de Xingo. Xingozinho, Paulo Afonso, Bahia, Brésil
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La végétation épineuse, torturée et sans feuilles du "sertão", zone semi aride, verdie comme par enchantement à la saison des pluie.
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Cet hiver, le camion-citerne continue son ballet. Il pompe 7 mètres cubes d’eau dans le fleuve Saô Francisco et va remplir les citernes des maisons alentour, que les faibles pluies hivernales n’ont pas réussi à remplir. Mais il ne peut rien pour les pieds de maïs, de manioc et de haricots qui sèchent déjà sur pied sans avoir donné.
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Les réservoirs d’eau du sertão devraient être pleins en cette fin de saison des pluies. La saison sèche s’annonce difficile. Poço Redondo, Sergipe, Brésil
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Des filets de pêche sèchent devant le fleuve, près de l’embouchure. Les sédiments déversés dans la mer par le fleuve alimentent le plus important banc de crevette brésilien. Piaçabuçu, Alagoas, Brésil
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Expédition de la UNIT (Université de Sergipe) à l’embouchure du fleuve, pouvant déboucher sur la création d’un centre d’études et d’une Aire de Protection Environnementale. Brejo Grande, Sergipe, Brésil
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Puit de pétrole désactivé dans l’Aire de Protection Environnementale de Piaçabuçu, à l’embouchure du São Francisco. Piaçabuçu, Alagoas, Brésil.
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Le débit du fleuve étant maintenant constant (du fait des barrages situés en amont), l’eau érode les berges au même niveau, continuellement. Le lit du fleuve s’élargit, des cocotiers se retrouvent les pieds dans l’eau. Brejo Grande, Sergipe, Brésil
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