Résultat d’une longue enquête réalisée en janvier et février 2006, Los olvidados rassemble deux séries de portraits et de témoignages de membres des communautés indigènes de Loxicha et San Juan Lalana, situées dans l’État de Oaxaca, au Mexique. Riches en ressources naturelles, ces terres sont au cœur d’une lutte qui oppose les villageois au gouvernement désireux de contrôler et exploiter la région. Menaces, enlèvements, disparitions, arrestations arbitraires, torture, corruption, fraude électorale, rythment le quotidien des habitants de Loxicha et San Juan Lalana, qui souhaitent vivre de leurs terres, et s’administrer de façon autonome selon leurs coutumes. Toutes les personnes présentées ici ont été victimes de représailles de la part d’un gouvernement résolu à asseoir son pouvoir par la force et à étouffer toute velléité de résistance et volonté d’émancipation de la population. Ce travail d’enquête sur la répression d’État au Mexique a été réalisé grâce à la ligue mexicaine de défense des droits de l’homme (LIMEDDH), qui souhaite faire connaître la situation de ces deux communautés et contribuer dans la mesure du possible à une résolution juste de ces conflits. Yves Bonnardel
Maisons en construction laissées à l'abandon faute de fonds, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexique.
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Propriétaire d'une maison brûlée, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexique. Sergio Aguirre Salino, paysan est aujourd'hui hébergé avec sa fille par des voisins. « Des gens de Silvano sont venus dans la nuit du 14 janvier 2006. Ils ont arrosé la maison d'essence. Ma fille et moi, on dormait à l'intérieur. Tout a brûlé. Il ne me reste que la chemise que j'ai sur le dos. »
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maison brûlée, San Juan Lalana, Oaxaca
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familles des détenus fabriquant des tortillas pour les vendre à l’auberge où elles vivent à Oaxaca
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groupe de prisonniers politiques de Loxicha à la prison Ixcotel, Oaxaca, Mexique
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Don Daniel Martínez Dolores (61 ans). Président de l’API (maire du village) « On m’a proposé de l’argent et un bon travail si j’abandonnais la présidence. Les députés du PRI me disaient que les gens ne me seraient jamais reconnaissants. Je leur ai répondu que je ne trahirai jamais mon peuple. »
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Taqueos, entretien des arbres de la commune, tâche collective communautaire, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexique
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Severiana, femme de Fortino, détenu, dans une école à Oaxaca « Je n’ai pas peur de parler pour faire connaître notre histoire. Notre avocat nous a dit que tout ça, c’est une politique du gouvernement. Avant, je ne savais pas ce qu’était la politique, ce que c’était que la lutte. Aujourd’hui, je sais. »
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Los olvidados, les oubliés Estanislao, prisonnier politique de Loxicha à la prison Ixcotel de Oaxaca « J’ai été arrêté en septembre 1996. On m’a torturé pendant deux jours, puis emmené au Palais de Justice où j’ai dû signer des papiers que je ne comprenais pas : je ne parlais pas l’espagnol. J’ai été condamné à 30 ans de prison. »
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Fortino et Urbano, prisonniers politiques de Loxicha à la prison Ixcotel, Oaxaca, Mexique Fortino (à gauche) : « J’étais l’instituteur du village. Les possibilités de suivre des études sont limitées. Toutefois, je suis des cours d’informatique, j’ai obtenu trois diplômes. Sinon, le reste du temps, je couds des ballons. »
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École municipale, salut au drapeau, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexique.
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spectateurs à un forum de luttes indigènes, San Juan Lalana devant la mairie
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Saturnino Sanchez Sevilla (52 ans) « Le gouvernement nous a donné un rendez-vous, et lorsque nous avons voulu nous y rendre, les policiers nous ont arrêtés. Ceux qui s’engagent dans la vie de leur communauté sont des délinquants pour le gouvernement. »
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Los olvidados, les oubliés.
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Réunion du municipio popular indigena (commune populaire indigène) à la mairie San Lorenzo, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexique.
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Antonio Garcia Martinez, San Juan Lalana « Meme s’ils peuvent gagner par la force, ils vont perdre la lutte intellectuelle. Nous pouvons nous passer des services paternalistes du gouvernement. L’éducation peut générer l’autonomie. Si je coupe cinq arbres, j’en replante vingt : voilà comment il faut penser. »
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Abraham, prisonnier politique de Loxicha à la prison Ixcotel, Oaxaca « En prison, je couds des ballons douze heures par jour pour 30 à 40 pesos. Pour venir me voir du village, ma femme doit en payer 150, alors qu’elle ne gagne que 15 à 40 pesos journaliers avec la cueillette du café. »
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deux hommes sur une bétaillère, San Juan Lalana, Choapam, Oaxaca
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Inès et ses enfants, femme de Cirilo à l'auberge: « Quand mon mari a été arrêté j’avais trois enfants. Nous l’avons suivi à la ville et fait le planton 4 ans devant le gouvernement, puis nous sommes venus ici. En tant que femmes et indigènes, nous savons que nous devons souffrir. »
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Antonia Antonia Garcia Martinez (47 ans)et son père. « Ils ont arrêté mon frère Antonio. Je suis partie avec d’autres femmes à Oaxaca pour soutenir les prisonniers. En tant que femmes, on pensait avoir moins de risques de se faire arrêter. Des villageois se sont mobilisés pour nous aider. »
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Erika, fille de Cirilo, détenu, avec sa soeur Isabel à l'auberge
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Don Librado, père de Daniel, San Juan Lalana, Oaxaca
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Florentino Perez Manzano (67 ans, vice-Président de l’API). « On est allé en prison pour avoir clamé que le pouvoir est au peuple. Je suis quelqu’un de la campagne, sans grande éducation, mais je ne me laisserai pas faire. Même si je suis vieux, j’aime encore apprendre et m’élever intellectuellement. »
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Erica Correa Manzana (28 ans) et ses enfants, la Esperanza, San Juan Lalana, Oaxaca « Si je participe à l'assemblée, c'est pour apporter des idées nouvelles. Je soutiens Don Daniel parce qu'il est honnête. Silvano, lui, est venu faire campagne, il a acheté des votes, détourné l’argent public, et n'a jamais rien réalisé. »
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Femmes aux parasols, forum de luttes indigènes, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexico.
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Urbano, prisonnier politique à la prison d'ixcotel, Oaxaca, Mexique.
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famille de Daniel Bautista
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Les oubliés
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Hommes à cheval et à pied, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexico
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Pablo Sànchez Hernandez (50 ans). « C'est une lutte sociale. Nous avons avancé, mais il reste beaucoup à faire. Le seul moyen de régler cette histoire, c'est de traduire Silvano en justice afin qu'il réponde des escroqueries qu'il a commises. »
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Enfants dans un champ, San Juan Lalana, Oaxaca, Mexico
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