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Zip-Zap Circus ; l'école de la tolérance et de l'intégration.


Jérôme E. Conquy

Le Cap, la ville-mère de l’Afrique du Sud, située à la croisée de l’Océan Indien et de l’océan Atlantique, là où commence l’histoire moderne de l’Afrique du Sud. Le Cap, la capitale parlementaire, est devenue depuis la fin de l’apartheid la ville la plus touristique du pays. Ni européenne, ni africaine elle est à la croisée de deux mondes : l’occident riche d’un côté et le tiers-monde de l’autre. Ici 2 millions de noirs, 1 million de blancs et 1 million de métis tentent de vivre en bonne harmonie. Si l’apartheid n’existe plus officiellement, si le Cap est considérée comme la ville la plus tolérante d’Afrique du Sud, le fossé entre la communauté noire et la communauté blanche persiste. Tandis que les blancs vivent dans les beaux quartiers protégés par des caméras et des clôtures électriques, les noirs eux se partagent les townships de la périphérie jouxtant les autoroutes. C’est aussi là que tout a commencé pour Laurence Esteve (Française) et son mari Brent van Rensburg. Celui-ci a appris le métier dès son enfance au cirque Osler, qui était alors le meilleur cirque du pays et dont la réputation était internationale. Laurence, elle, a été formée à la gymnastique et à la comptabilité- improbable combinaison. Tous deux avaient un rêve commun : monter un cirque. Il leur fallut plusieurs années pour y parvenir. En attendant, Brent fit le cascadeur pour différents producteurs de films, pendant que Laurence travaillait dans un parc à thème du nom de Sun city. Ensemble, ils mirent suffisamment d’argent de côté pour créer un petit cirque (14 ans après la fin de l’Apartheid) : le Zip Zap circus. Association à but non-lucratif, cette école du cirque a pour vocation de réunir enfants et adolescents de tous âges, toutes races et toutes origines sociales, issus des beaux quartiers du Cap comme des quartiers périphériques défavorisés. Le Zip Zap Circus contribue ainsi à combler les clivages raciaux et sociaux de la société sud-africaine. (please CLICK HERE and use your keyboard ARROWS to SCROLL down) Des enfants qui n’auraient jamais pu se rencontrer se rencontrent en toute aisance pour ensuite devenir les meilleurs amis du monde. Dans cette école qui a vu le jour 2 ans après la libération de Nelson Mandela une soixantaine d’enfants apprennent le trapèze, le trampoline, le jonglage… Soixante enfants dont la moitié noire et féminine. Tous les milieux sociaux sont représentés. Tous les enfants sont sud-africains à part Isaline et Veronica (belge, américaine). Sponsorisés par « Old mutual properties », ils montent plusieurs spectacles par an. Ils apprennent des qualifications spéciales, et cela crée une confiance mutuelle. La formation donnée par le Zip Zap Circus peut procurer de l’emploi pour ces jeunes dans le domaine du cinéma (comme cascadeur…). Ils apprennent aussi le calage, la soudure, la construction de scènes théâtrales, l’entretien du matériel et comment enseigner cette même profession a d’autres enfants. Au-delà du cirque c’est une école de la vie, un symbole de réconciliation. Cela leur inculque la confiance en autrui (ils dépendent l’un de l’autre pour leur sécurité) ; à se respecter en dialoguant et à respecter leur matériel ainsi que de travailler ensemble en équipe. Le cirque est une grande famille ou chaque personne dépend de l’autre. Leur vie est entre les mains d’une autre personne. Des valeurs comme l’honnêteté sont aussi retransmise. Le Zip Zap est une école de la vie où l’on apprend la tolérance et le respect des autres mais c’est aussi une école de cirque où l’entraînement est rigoureux. Rigueur, travail mais aussi détente. Cette détente fait oublier qu’un jour, les noirs vivaient sous le joug des blancs. Leur gymnase est situé à Montague Gardens Industrial Park, aux abords du cap. L’entraînement a lieu tous les jours pendant les vacances. Il est un peu plus compliqué à planifier quand l’école reprend. Évidemment, les enfants considèrent Laurence et Brent non seulement comme des professeurs ou des maîtres mais aussi comme des parents ou des modèles. Brent et Laurence sont plutôt satisfaits, Nelson Mandela les a personnellement félicités pour leur travail, ce qu’ils veulent maintenant c’est plus de matériel et plus de sponsors et un lieu en centre ville et que tous les enfants, quelque soit leur race, puissent bénéficier de cet apprentissage...



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