Au cours de son histoire, la Pologne a traversé des phases successives de puissance et de déclin, allant même jusqu’à disparaître en tant qu’État pendant plus d’un siècle. En 1918, le pays accède enfin à l’indépendance, mais ce ne sera que pour une brève durée puisqu’un peu plus de vingt ans plus tard les Russes et les Allemands se partagent le territoire. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, 18% de la population a été exterminée, et la politique communiste prend le pouvoir. Cette période, particulièrement marquante pour le pays, s’achève en 1989 à la chute du régime. C’est la même année que le pays reprend officiellement le nom de République de Pologne. Depuis, la démocratie s’installe progressivement, et le monde occidental envahit le pays. Aujourd’hui, quinze ans après la Chute du Mur, et à quelques semaines de son entrée dans l’Union Européenne, la Pologne est un état encore en pleine mutation. Marqué par un fort passé communiste, le pays est régulièrement assimilé au cliché de ce que l’on appelle encore souvent « l’Europe de l’Est ». Alors que la vieille génération regrette parfois l’ère soviétique, la plupart des jeunes Polonais d’aujourd’hui, eux, refusent de vivre et de s’identifier à un monde qui appartient au passé. Ils cherchent à s’approprier l’univers occidental florissant, à l’opposé des contraintes de l’ancien régime. Cette nouvelle Pologne, pleine de contrastes et de richesses, m’interroge : Qui sont les Polonais d’aujourd’hui ? Quel est leur quotidien ? En quoi un passé communiste les différencie de nous, de moi ? Parce qu’ils incarnent le monde de demain, j’ai choisi de mettre l’accent sur les jeunes. À Varsovie, car la capitale, reconstruite à 98 % à la fin de la Seconde guerre mondiale sur le schéma communiste, est, quant à elle, l’emblème d’une identité locale, issue en grande partie de l’ère soviétique, qui se mêle progressivement à l’identité commune européenne. À travers leurs relations avec leurs grands-parents, j’ai cherché à déterminer quels sont les codes de la société de consommation moderne qui ont modifié leur vie. J’ai ainsi réalisé une serie de portraits de jeunes avec leurs grands-parents, dans le lieu d’habitation des aînés. Une sélection de phrases pertinentes vient s’ajouter au images. Je me suis intéressée aux réflexions des jeunes car c’est eux qui vont bâtir la Nouvelle Europe. C’est un pays moderne et dynamique qui est en construction, et qui cherche à s’intégrer dans la nouvelle Europe. Et malgré la relative déception de l’utopie démocratique, beaucoup croient encore au rêve américain. Notre passé et notre culture diffèrent souvent, mais ce sont ces richesses qui nourrissent notre Europe de demain.
"La Pologne est un peu fermée sur elle même, peut-être que l’Union Européenne va lui permettre de s’ouvrir sur le monde." Agnieszka (18 ans, lycéenne) et sa grand-mère. Pologne.
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Vie quotidienne en Pologne "Je me souviens que quand nous avons eu notre première télé couleur, nous avons regardé les infos, à propos de la chute du Mur de Berlin. Quinze ans après, je suis très heureuse que l’on ait rejoint l’Union Européenne. L’avenir nous dira ce qui va se passer, mais je pense que c'est un bon choix". Magda, 21 ans, étudiante en "buisness management".
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"Heureusement, je n’ai pas connu ce temps où le passeport était la meilleure chose dont on pouvait rêver. Aujourd’hui, on a juste besoin d’une carte d’identité !" Adam (20 ans, étudiant en sociologie) et sa grand-mère. Varsovie.
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"Je suis un peu sceptique sur l’Union Européenne. Mais je ne comprend pas trop bien ce qu’il se passe, c’est trop compliqué. J’espère juste que ça ira mieux, que ça aidera les gens." Agnieszka (23 ans, mère de famille) et sa grand-mère. Pologne.
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"Je crois que le communisme est à la fois un complexe et une fierté des peuples de l’Est. Moi, je suis plutôt fière : c’est le passé de mon pays, et je n’ai pas de problème avec ça." Kinga (18 ans, lycéenne) et sa grand-mère. Varsovie. 2004.
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"J’aurais préféré vivre la vie de ma grand-mère plutôt que la mienne. Il y a cinquante ans la vie était beaucoup plus simple, les gens étaient plus humains." Marcin (24 ans, étudiant en architecture d'interieur) et sa grand-mère. Banlieue de Varsovie.
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"Le 1er mai est la fin symbolique du communisme, la fin du partage Est/Ouest. Aujourd’hui, je ne me sens pas différent des autres européens. Nous écoutons la même musique, buvons la même bière, regardons les mêmes chaînes de télé... " Wojtek, 24ans, avec
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"Le communisme est une leçon de l’Histoire dont il faut apprendre pour ne pas la répéter." Ania (23 ans, étudiante en Droit et Sciences Politiques) et sa grand-mère. Varsovie. 2004.
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"Je ne crois pas appartenir à la Pologne du communisme. La Pologne à laquelle j’appartiens est une Pologne en pleine mutation, tout comme notre génération dans ce nouveau pays." Michal (19 ans, lycéen) et son grand-père. Varsovie.
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"Je crois que notre passé influence notre manière de voir notre pays. Je pense que les jeunes polonais sont plus liés à leur patrie que d’autres qui n’ont pas été privé de liberté." Ania (17 ans, lycéenne) et sa grand-mère. Varsovie.
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