région de Khabarovsk, extrême-orient russe, septembre 2006 En novembre 2005, l'explosion d'une usine pétrochimique dans le nord de la Chine a causé la pollution de la rivière Songhua, un des affluents de l'Amour. Par dérive des métaux lourds, elle a atteint le fleuve à Kahbarovsk, à la frontière entre la Russie et la Chine et a dérivé jusqu'à son embouchure dans le détroit de Tatarie. Au printemps, suite à la fonte des glaces qui les emprisonnaient, le benzène et les autres produits polluants ont progressivement pénétré dans les nappes phréatiques, et causent aujourd'hui une contamination sournoise du cours d'eau et de la faune et flore locale. Dix mois après cette catastrophe, je me suis rendue en extrême-orient et j'ai descendu le fleuve Amour sur 300 km pour aller à la rencontre des habitants de cette région. J'ai voulu rendre compte à travers mes images des transformations de leur vie quotidienne suite à cette pollution qui n'est ni la dernière, ni la première. Aujourd'hui les petits peuples de pêcheurs comme les Nanaïs qui subsistent traditionnellement en vendant le produit de leur pêche et de leur chasse, doivent se tourner vers d'autres modes de survie, qui impliquent trafics et corruption. Le poisson est impropre à la consommation et beaucoup de riverains ont été malades durant l'été sans qu'on puisse clairement définir l'origine des infections. Les forêts sibérienne brûlent, les animaux disparaîssent, et les humains en subissent inévitablement les conséquences. Cette série est le résultat d'un mois d'enquête dans des villes et villages oubliés, à la population désabusée et sans espoir. Les portraits sont accompagnés de témoignages sur la situation actuelle au niveau écologique, sanitaire, social et économique des rives d'un des plus long fleuve du monde.
rives du fleuve Amour à Komsomolsk-Na-Amur, avant l'embarquement pour l'hydroglisseur meteor, principal moyen de locomotion pour rejoindre les villages isolés non reliés par la route.
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Fleuve Amour pollué à Komsomolsk-sur-Amour
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Two women make the most of the last fine days of the season in Khabarovsk.
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des paysans débarquent leur marchandises du bateau pour les vendre à la ville, Khabarovsk
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trois jeunes femmes sur la plage de Khabarovsk
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station des bus, Amoursk
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Deux enfants à l'école de Ninjni Holby
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Terrain de jeu à Troïstkoe
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professeur de biologie à l'école de Ninjni Holby: « On n’a jamais vu cette couleur rouille au fleuve, d’ailleurs il n'y a pas si longtemps on en voyait le fond. Cela fait 12 ou 15 ans que nous sommes empoisonnés, mais cela fait très peu de temps que nous l’avons découvert. Nous ne savons pas comment nous protéger de la pollution. Le gouvernement interdit la pêche dans l’Amour mais il ne propose aucune solution de rechange."
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enfants jouant sur la la plage de Khabarovsk
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pêcheuse racommodant un filet de pêche, Troïtskoe, capitale du nanaïski krai. "Très peu de femme sont pêcheuses, ce métier reste réservé aux hommes. Autrefois on avait des filets de bien meilleure qualité. Ceux-ci viennent de Chine et on doit les réparer tous les ans."
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Un an après la pollution du fleuve Amour, au marché au poisson de Komosomolsk sur Amour, les poissons viennent pour la plupart de l'embouchure du fleuve à Nikolaevsk. La pêche est interdite dans l'Amour sauf pour le saumon qui naît dans le Pacifique et ne consomme rien durant sa remontée du fleuve.
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deux pecheurs sur la rive du fleuve
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Deux pêcheurs sur le fleuve Amour, Ninjni Nergen
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jeunes Yakoutes jouant sur la rive de l'Amour à Khabarovsk. les yakoutes qui vivent au notd de la région doivent venir étudier à plus de 200 km de chez eux. en yakoutie le sol est gelé la pus grande partie de l'année et il n'y a pas d'université.
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femme d'agriculteur, village de Dada "Maintenant on vit tous de manière autonome, on produit ce qu’on mange, on a un potager, du lait, des œufs, de la viande, du miel, et ce qu’on n’a pas chez nous on l’échange avec ceux qui en ont. On n'a pas les moyens d'acheter."
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docteur en chef à l'hôpital de Nahin " Depuis six ans le fleuve est gravement pollué, et les Nanaïs ont de plus en plus de maladies graves, l’espérance de vie chez les petits peuples est aujourd’hui de 53 ans. Les hommes sont doublement touchés, à la fois par leur alimentation et leur environnement pollués, et par la raréfaction des animaux et des arbres. Les Nanaïs vivent avec la nature ; c’est leur cocon, quand celle-ci est blessée, ce sont eux qui soufrent. »
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un an après la pollution du fleuve Amour, panneau d'information contre l'alcoolisme pour les femmes enceintes
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Apiculteur à Dada
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Forêt brûlée en extrême-orient
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Enfant russe à Kondon
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enfant à la gare routière de Amoursk
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un an après la pollution du fleuve Amour, deux pecheurs sans emploi à Nahin
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Pêcheur sur les rives polluées de l'Amour, Khabarovsk
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maire du petit village d'Ekone : "Nous gardons l’espoir que l’ONU réagisse et prenne des mesures pour limiter la pollution. Ce n’est pas le gouvernement russe qui fera quoi que ce soit. De toutes manières, même si demain la Chine arrête tous ses rejets, il faudra au moins vingt ans pour que le fleuve soit à nouveau sain."
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Rive polluée de l'Amour à Komsomolsk-sur-Amour. Sibérie orientale
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inspecteur de la pêche du gouvernement et pêcheurs, Ekone. le gouvernement impose de strictes quotas de pêche du saumon à chaque village.
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lustre russe à Komsomolsk sur Amour
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famille de pêcheur, Kondon
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Kalachnikov employée pour la chasse à l'ours, Kondon
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pêcheur à Nahin : "À cause de leurs convictions politiques et parce qu’ils fuyaient la répression, beaucoup de gens sont venus s’installer en Extrême-Orient au vingtième siècle, ils ont apporté le mode de vie russe avec eux. Au fil du temps, nous avons abandonné nos traditions de petits peuples. L’alcool a fait des ravages chez nous, et notre langue et notre culture se perdent."
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deux cyclistes au milieu de la forêt; la plupart des villages nanaïs ne sont pas desservis par une route goudronnée. Le bateau pour la ville n'y passe qu'une fois par jour.
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professeur d'artisanat nanais à Troïstkoe
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deux enfants nanais sur des troncs d'arbres à Kondon
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enfant malade de la méningite, Ommi
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maire du village de Sikatchi Alyan : "Nous avons de mauvaises routes. Nous devions recevoir des fonds du gouvernement pour les goudronner, mais l’argent n’est jamais arrivé. Les habitants ne se sentent pas impliqués. Ils ne veulent pas s’investir dans la vie de la communauté, se fichent la collecte des déchets, de l’éducation, des infrastructures, de la conservation du patrimoine, ils sont trop englués dans leurs problèmes et mettent tout sur les épaules de l’administration."
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un an après la pollution du fleuve Amour, un homme sans emploi à Sikatchi Alyan
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Fillette à Komsomolsk sur Amour
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Mort sur la plage à Khabarovsk
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pêcheur à Ninjni Holby : "Autrefois il y avait plus de poissons, ils étaient si nombreux que parfois ils sautaient d’eux-mêmes dans la barque. Maintenant nous devons aller pêcher plus loin sur la rivière Goyun, un des affluents du fleuve. Là où elle se jette dans l’Amour, on voit que le fleuve est opaque comme du lait."
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