« On change le pays ou on change de pays ». Alors que le président Abdoulaye Wade vient d’être largement réélu, la formule imaginée par le rappeur vedette Xuman a des allures de slogan politique. Au Sénégal où le chômage touche 40 % des moins de 35 ans, la situation des jeunes a rarement été aussi préoccupante. Plusieurs milliers d’entre eux ont fui le pays en pirogue depuis janvier 2006. Rien ne semble décourager ces candidats à l’émigration clandestine : ni le froid, ni le renforcement des patrouilles policières, ni même la perspective de mourir en route. Seule mesure d’envergure proposée par Wade : le plan de retour vers l’agriculture, destiné en priorité aux rapatriés d’Espagne, soit près de 5000 personnes. Le gouvernement a-t-il les moyens d’empêcher de nouveaux départs ? Quelles sont les attentes des jeunes ? Croient-ils encore en leur avenir au Sénégal ? De Dakar à N’Dioum, des quartiers de pêcheurs aux régions agricoles, enquête sur une jeunesse à la dérive.
6h à Yarakh. Une équipe de nuit rentre au port après douze heures de pêche en haute mer. Parmi les pêcheurs, plusieurs jeunes ont tenté de rejoindre l’Europe en pirogue cet automne. Rapatriés de force, ils ont repris leur travail mais n’ont qu’une obsession : repartir.
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Retour de pêche au port de Yarakh. Dans ce quartier de Dakar, les pêcheurs, âgés d’une trentaine d’années pour la plupart, gagnent en moyenne l’équivalent de quatre euros par jour.
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Sur la plage de Thiaroye-sur-Mer, dans la banlieue de Dakar, des jeunes tuent le temps en buvant du thé et en bavardant. Leurs principaux sujets de discussion : la galère du quotidien et la vie à l’étranger.
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Un après-midi ordinaire aux HLM, quartier populaire de Dakar. 60 % des élèves sénégalais n’atteignent pas la 6ème. Refoulés du système scolaire, la plupart partagent leur temps entre désoeuvrement et petits boulots.
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Attente à l’Agence Nationale pour l’Emploi des Jeunes, antenne de Dakar. Créée en 2001, l’A.N.E.J est le principal instrument de lutte contre le chômage mais reste largement méconnue du grand public.
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Le centre Bopp est aussi l’une des meilleures écoles de basket-ball du pays. Issues des quartiers populaires de la capitale, les jeunes recrues espèrent rejoindre un jour l’équipe nationale ou un prestigieux club étranger.
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Le centre Bopp est aussi l’une des meilleures écoles de basket-ball du pays. Pendant l’entraînement, les jeunes des quartiers populaires viennent admirer les futures stars du Sénégal.
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Le centre Bopp est aussi l’une des meilleures écoles de basket-ball du pays. Pendant l’entraînement, les jeunes des quartiers populaires viennent admirer les futures stars du Sénégal.
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Salle des arts martiaux du Centre Bopp. À quatre jours d’une compétition mondiale, l’équipe sénégalaise de kick-boxing se prépare sans moyen ni motivation. Ibrahima, Ousseïnou et Sana n’ont pas d’entraîneur et ne connaissent toujours pas l’identité de leurs adversaires.
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Au formation, Maître Latif propose des formations aux «métiers rapides» tels que la garde rapprochée pour dissuader les jeunes de partir.
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Trois jeunes en plein cours de garde rapprochée, un métier porteur en pleine période électorale, selon le professeur Abdoulatif Mbaye.
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Cours de couture au Centre Bopp, la plus vieille ONG de Dakar. Au cœur du quartier populaire Biscuiterie, le Centre Bopp propose plusieurs formations professionnelles accessibles aux plus démunis. Au Sénégal, 80 % des chômeurs déclarés n’ont aucune qualification.
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A quelques mois du baccalauréat, Mohamed et ses amis s’entraident pour rattraper leur retard scolaire. En raison d’une grève record de leurs professeurs à Rufisque, ils n’ont pas eu un seul trimestre complet depuis deux ans.
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N’Dianakhar, l’un des premiers pôles du plan R.E.V.A (Retour Vers l’Agriculture) près de Saint-Louis. En pleine récolte de blé, deux jeunes tentent de réparer une batteuse.
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N’Dianakhar, l’un des premiers pôles du plan R.E.V.A (Retour Vers l’Agriculture) près de Saint-Louis. Ici, les pieds de Gorgui, ancien migrant clandestin, devant le bassin de pisciculture.
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N’Dianakhar, l’un des premiers pôles du plan R.E.V.A (Retour Vers l’Agriculture) près de Saint-Louis. Ancien migrant clandestin, Gorgui, 28 ans, nourrit les poissons du bassin. Le coordinateur du plan R.E.V.A l’a nommé responsable de la pisciculture dans l’espoir de le retenir.
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Dans le Nord du Sénégal, des jeunes du village de Guédé-Chantier retirent les mauvaises herbes en prévision de la prochaine saison agricole. Sur 5000 habitants, Guedé-Chantier compte 4000 jeunes. Faute de moyens (gazoil, semences, engrais), beaucoup d’entre eux ont raté la saison hivernale de tomates.
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Plage de Thiaroye Azur, dans la banlieue de Dakar. Pour la plupart des jeunes, le sport reste le meilleur remède contre l’inaction et l’angoisse de l’avenir.
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