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PERSONA NON GRATA


Bruno Hadjih

PERSONA NON GRATA. Le printemps arabe suscite l’espoir de voir enfin les populations de ces régions prendre leur destin en main. Pourtant ce n’est pas la première fois que les populations se révoltent. En octobre 1988, la jeunesse algérienne est descendue dans la rue pour réclamer plus de considération, de respect, de démocratie, et une meilleure répartition des richesses. L’état a répondu par les armes et la violence. Plus de 800 morts parmi la population. Devant la volonté de cette jeunesse, l’état plie et ouvre le champ politique. Fini le parti unique : le FLN. Après plus de 26 ans de pouvoir sans partage, plus de trente partis ont été ainsi agrées dont le Front Islamique du Salut. Pendant 2 ans, un vent de liberté s’est mis à souffler sur l’Algérie. Des syndicats autonomes, une presse libre qui ne se gêne plus pour tirer à boulets rouges sur le gouvernement et sur ce qu’on appelle les cabinets noirs. Des philosophes comme Gluksman, des personnalités du spectacle dont Isabelle Adjani et d’autres encore avaient fait le voyage d’ Alger pour soutenir les étudiants qui réclament toujours plus de liberté. Des élections législatives sont organisées le 21 décembre 1991 et ont vu la victoire du FIS. Devant le refus de ce parti d’accepter l’alternance du pouvoir, le deuxième tour n’aura jamais lieu. Le 11 janvier 1992 marque l’arrêt du processus électoral démocratique en Algérie. Chaque jour de grandes manifestations sont organisées par les islamistes mettant à mal la légitimité de l’état. Devant ce fait, l’armée occupe la rue pour éviter les débordements. Les premiers morts dans les rangs du FIS sont enterrés devant des foules immenses criant au djihad. Les premiers maquis commencent à se constituer. Les autorités de l’époque annoncent les premiers camps de détention dans le sud algérien. Les internements ont commencé en février 1992. Plus de 15000 personnes sont passées par ces lieux. La particularité de ces camps du moins ceux qui nous intéressent, REGANE, OUED NAMOUS, AIN M’GUEL, avaient servi d’expérimentation bactériologique, chimique et de bases aux essais nucléaires, donc à forte teneur radioactive, formant ainsi ce qu’on appelle en Algérie le triangle de la mort. REGGANE a servi de base expérimentale aux bombes « Gerboises » la radioactivité pollue la région de Reggane. IN M'GUEL : situé non loin de la montagne Taourirt Tan Affela dans la Région du Hoggar. 13 essais ont eu lieu avant et après l'indépendance, dont Beryl, bombe non contenue qui a libéré un nuage radioactif contaminant la région. OUED NAMOUS dans la région de Bechar a servi aux essais chimiques et bactériologiques. Les problèmes rencontrés par les personnes détenues après leur sortie sont multiples. Des séquelles dues aux effets de la radioactivité. Des décès qui font suite à des radios pathologies induites, cancers divers, leucémie, baisse de la vue, perte de la dentition, troubles psychologiques et mentaux, etc.… Interview complète de Kamel: OUED NAMOUS est un camp d’essai bactériologique de l’armée française. Ce camp qui faisait partie des accords d’Evian au même titre que les bases sahariennes d’essai nucléaires, était opérationnel jusque dans les années 70. Le quotidien dans ce camp est le même qu’à Regane sinon pire. Nos familles ignoraient notre arrestation et ne savaient toujours pas où nous étions. Après quelques jours dans ce camp, des maladies de la peau apparaissaient. Notre peau se boursouflait et pelait. Il y avait des morts. A aucun moment on nous a soigné. Quelques soldats, sûrement des appelés essayaient de nous venir en aide en augmentant nos rations alimentaires, mais c’est marginal. 20 mois après notre arrivée, on nous réunis de nouveau pour nous emmener à AIN M’GUEL lieu des essais nucléaire Français. En 1962 lors de l’essai de béryl du nom de la bombe, celle-ci n’était pas contenue et un nuage radioactif a contaminé toute la région. Dans ce camp, les conditions de détention ne se sont toujours pas améliorées. En plus des maladies, de la faim, et de la soif, on a beaucoup souffert des écarts de températures entre le jour et la nuit. L’hiver, les nuits sont glaciales et les journées chaudes. Après quelques années de détention nos familles informées de notre situation commençaient à nous rendre visite. Cela relevait du parcours du combattant pour les autorisations de visite. Le camp d’AÏN M’GUEL se trouve à 2200 kms d’Alger. Des familles avaient vendu leur bien pour payer leurs transports en avion. Après quatre ans de détention dans ces différents camps de la mort, un matin on nous réunit pour nous apprendre qu’on sera libéré dans la journée. Dans la nuit, on nous dépose à l’aéroport d’Alger qui était entouré de militaire, et des camions nous déposent à l’extérieur de l’enceinte. On m’a séquestré durant 4 ans, et l’on me libère sans avoir été jugé. Je ne sais toujours pas ce que l’on me reproche. On m’avait arrêté arbitrairement et on m’a libéré dans la clandestinité. On a fait les frais d’une guerre qu’on n’a pas voulu, nous avons servi de boucs émissaires à la situation en Algérie.


 

Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517774

AZMOUR DJABBAR " J’avais 31 ans en 1995. J’ai été arrêté par les forces de l’ordre pour soutien aux groupes armés. Ce qui est faux. Je ne faisais pas de politique, et je n’appartenais pas au FIS. J’ai été battu et torturé pendant des mois. On m’a attaché à l’arrière d’une voiture et traîné sur des kilomètres. J’ai été privé de nourriture pendant 11 jours. Un jour on m’emmène dans la cave du lieu de ma détention, on me met une cagoule sur la tête, et l’on m’a déshabillé. Pendant des jours, on a brûlé et coulé du plastique sur tout mon corps, me brûlant ainsi. Mes pieds ont été brisés et brûlés. Au bout de 20 mois de ce régime, on m’emmène chez le juge, qui me déclare innocent. Quand j’ai entendu parler de la prison d’Abou Ghraïb en Irak et de ce qu’ont fait les Américains, mes tortionnaires en Algérie n’ont pas fait moins. "

Algérie - 20/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517777

GUIZ SALAH DIN

" J'étais connu de la police comme étant l'ami d'Ali Belhadj. J'organisais ses tournées quand il venait à Chlef. Quand on avait été arrêté et transporté, il y avait des mitrailleuses dans l'avion qui nous transportait à Reggane.
Une fois sur place, on ne savait pas où on était. Des boîtes de conserves rouillées jonchaient le sol. Ces boîtes portaient un signe distinctif de l'armée française. Des abris souterrains partout. Plus tard on a découvert que c'était le centre des essais nucléaires français. On s'est retrouvé par moments à 150 personnes dans 50m2. Ils ont voulu nous déshumaniser. Des toilettes bouchées, une chaleur étouffante, une promiscuité de tous les instants. On n'avait aucun répit dans cette descente aux enfers. A un moment, on a organisé une grève dans le camp et l'on avait piraté la ligne téléphonique du responsable du camp. On a averti nos familles, la Croix-Rouge internationale et Amnisty International à Londres. Un mois après cet appel, on a eu leur visite. Après Reggane, j'ai été emmené à Oued Namous où je suis resté 18 mois. Après ma libération, j'ai été assigné à résidence. J'ai perdu en tout 18 Kgs et je suis malade des poumons. "

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517780

LARBI LAMOURIE

" Adjoint éducateur à Baraki, j’ai été enlevé dans la rue. Après les premiers interrogatoires et les premières tortures, on m’envoie dans les différends camps du sud. ( Voir le témoignage de Zerouati Kamel ) Après 42 mois de détention, on me libère sans être jugé. On refuse à mes enfants de faire le service militaire, et de passer les concours de la fonction publique. Dans le village je suis vu comme un pestiféré, les gens m’évitent. Je n’ai pas été réintégré dans mes fonctions, je suis au chômage. "

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517775

ABBAN TOUFIK Manœuvre dans le bâtiment. Habite BARAKI.

" J’ai été arrêté le 12 mars 1992. J’ai passé 17 mois dans le fort Mac Mahon ( dans la région de Timmimoun ). On a été jeté dans une espèce de tunnel qui ressemble plus à une fosse où ne filtre aucune lumière. Nous étions plusieurs entassés les uns sur les autres. On avait droit à 2 litres d’eau par jour. Nous nous sommes révoltés contre ces conditions de vie. On nous sort de ce trou pour nous envoyer à OUED NAMOUS. Au bout d’un an dans ce camp du sud-ouest, on nous déplace à Aïn M’GUEL dans un camp irradié. Je n’ai jamais reçu de visite familiale. On me libère en 1996 sans explication ni raison de mon arrestation. Je n’ai pas de colère. Il reste le goût amer de cette injustice et un ressentiment contre les personnes qui m’en fait ça. "

Algérie - 06/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517771

BENZAÏD AHMED

" J’ai été arrêté 42 mois. Je suis passé par les 3 camps décrits précédemment. J’ai vécu la même chose que mes compagnons de détention. En revenant chez moi j’ai trouvé ma maison occupée et ma famille dispersée. On nous a arrêté arbitrairement. Je n’ai jamais été jugé. "

Algérie - 20/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517781

NORDINE BELMOUHOUB

"J'ai été interné dans le camp irradié d' In M'guel. Je n'ai jamais adhéré à un parti politique ni à un syndicat, ce qui me pousse à me demander depuis dix-sept ans pourquoi j'ai été interné. Le préjudice moral que j'ai subi est encore plus pénible que la torture et les formes d'intimidation dont j'ai fait l'objet. j'ai vécu un grand isolement après des mois d'internement. Assigné à résidence surveillée pendant deux années, j'ai perdu beaucoup de temps et d'argent pour le transport et surtout supporter la suspicion et le regard des autres, même si je n'avais rien à me reprocher. Je suis malade et j'ai beaucoup de mal à me faire soigner. En 2001, j'ai saisi la justice, en déposant une plainte contre le général Khaled Nezzar, ministre de la Défense Nationale au moment de l'internement. Ma plainte n'a jamais abouti jusqu'à ce jour. Nous continuerons notre combat jusqu'à ce que justice nous soit rendue."

Algérie - 14/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517745

AZMOUR DJABBAR

"J’avais 31 ans en 1995. J’ai été arrêté par les forces de l’ordre pour soutien aux groupes armés. Ce qui est faux. Je ne faisais pas de politique, et je n’appartenais pas au FIS. J’ai été battu et torturé pendant des mois. On m’a attaché à l’arrière d’une voiture et traîné sur des kilomètres. J’ai été privé de nourriture pendant 11 jours. Un jour on m’emmène dans la cave du lieu de ma détention, on me met une cagoule sur la tête, et l’on m’a déshabillé. Pendant des jours, on a brûlé et coulé du plastique sur tout mon corps, me brûlant ainsi. Mes pieds ont été brisés et brûlés. Au bout de 20 mois de ce régime, on m’emmène chez le juge, qui me déclare innocent. Quand j’ai entendu parler de la prison d’Abou Ghraïb en Irak et de ce qu’ont fait les Américains, mes tortionnaires en Algérie n’ont pas fait moins."

Algérie - 20/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516965

ARABI MESSAOUD

"J'ai été arrêté à Minuit chez moi devant ma famille. S'en suit le parcours habituel. Boufarik, avion militaire, Regane. En arrivant j'ai su que les détenus avaient débaptisé le camp pour l'appeler Kandahar. Je n'avais jamais entendu ce nom auparavant. Plus tard j'ai su ce qu'il voulait dire.
L'armée avait ramené des tenues afghanes pour habiller les détenus lors de la visite de la Croix-Rouge internationale. Une révolte s'en était suivie pour refuser les habits. L'armée a voulu les déguiser en Afghans. Après Regane j'ai fait Oued Namous et Ain M'Guel. On manquait de tout dans ces camps. Quatre ans après on me libère sans être jugé, et on m'assigne à résidence. Au village j'étais comme un pestiféré. La radioactivité présente dans ces camps m'a contaminée et m'a rendu malade de la thyroïde."

Algérie - 10/01/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516963

ZACHARIA ZEMANI

"J'étais mécanicien. J'ai passé 6 mois à Reggane. J'ai été arrêté sans raison. Je ne fais pas de politique. J'ai une hypertension au cerveau. Cela a commencé dans le camp. Depuis que je suis sorti, je n'ai plus travaillé. Je suis comme un mort vivant. J'ai presque tout oublié."

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516962

ZACHARIA ZEMANI

"J'étais mécanicien. J'ai passé 6 mois à Reggane. J'ai été arrêté sans raison. Je ne fais pas de politique. J'ai une hypertension au cerveau. Cela a commencé dans le camp. Depuis que je suis sorti, je n'ai plus travaillé. Je suis comme un mort vivant. J'ai presque tout oublié."

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517778

GUENICHE ABDALLAH

"J’ai été arrêté à 2 heures du matin le 11 février 1992. Je n’avais jamais fait de politique, ni sympathisant d’un parti quelconque. Je suis resté 5 mois à Reggane et 18 mois à Oued Namous. Je savais qu’il y avait eu des expériences nucléaires à Reggane et des expériences bactériologique à Oued Namous. Dans ce dernier camp, je commençais à perdre du sang. On m’envoie à l’hôpital militaire de Bechar, et là on découvre après analyse des métastases. Mon état de santé s'est aggravé à Reggane. Le médecin militaire Baba Ahmed m’a annoncé un cancer du côlon. De l’hôpital, on me relâche sans aucune explication. Depuis, en plus du cancer, j’ai de l’hypertension cérébrale."

Algérie - 13/03/2011

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517772

GUENICHE ABDALLAH

"J’ai été arrêté à 2 heures du matin le 11 février 1992. Je n’avais jamais fait de politique, ni sympathisant d’un parti quelconque. Je suis resté 5 mois à Reggane et 18 mois à Oued Namous. Je savais qu’il y avait eu des expériences nucléaires à Reggane et des expériences bactériologique à Oued Namous. Dans ce dernier camp, je commençais à perdre du sang. On m’envoie à l’hôpital militaire de Bechar, et là on découvre après analyse des métastases. Mon état de santé s'est aggravé à Reggane. Le médecin militaire Baba Ahmed m’a annoncé un cancer du côlon. De l’hôpital, on me relâche sans aucune explication. Depuis, en plus du cancer, j’ai de l’hypertension cérébrale."

Algérie - 13/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516961

"J'étais à Reggane. L'environnement me paraissait suspect. Après 6 mois dans ce camp, j'ai été transféré à Oued-Namous, qui est un centre d'expérimentation bactériologique. On n'avait aucun contact avec l'extérieur. Au bout d'un an dans ce camp, j'ai été libéré sans accusation, et sans explication. Ma femme avait eu plusieurs fausses couches. C'est inouï que l'Algérie demande réparation à la France pour ce qu'elle a fait, alors que l'Algérie a fait pire à ses enfants. À Reggane j'avais l'impression d'être assis sur une ogive nucléaire."

Algérie - 12/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516958

GUIZ SALAH DIN

"J'étais connu de la police comme étant l'ami d'Ali Belhadj. J'organisais ses tournées quand il venait à Chlef. Quand on avait été arrêté et transporté, il y avait des mitrailleuses dans l'avion qui nous transportait à Reggane.
Une fois sur place, on ne savait pas où on était. Des boîtes de conserves rouillées jonchaient le sol. Ces boîtes portaient un signe distinctif de l'armée française. Des abris souterrains partout. Plus tard on a découvert que c'était le centre des essais nucléaires français. On s'est retrouvé par moments à 150 personnes dans 50m2. Ils ont voulu nous déshumaniser. Des toilettes bouchées, une chaleur étouffante, une promiscuité de tous les instants. On n'avait aucun répit dans cette descente aux enfers. A un moment, on a organisé une grève dans le camp et l'on avait piraté la ligne téléphonique du responsable du camp. On a averti nos familles, la Croix-Rouge internationale et Amnisty International à Londres. Un mois après cet appel, on a eu leur visite. Après Reggane, j'ai été emmené à Oued Namous où je suis resté 18 mois. Après ma libération, j'ai été assigné à résidence. J'ai perdu en tout 18 Kgs et je suis malade des poumons. "

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516957

GUIZ SALAH DIN

"J'étais connu de la police comme étant l'ami d'Ali Belhadj. J'organisais ses tournées quand il venait à Chlef. Quand on avait été arrêté et transporté, il y avait des mitrailleuses dans l'avion qui nous transportait à Reggane.
Une fois sur place, on ne savait pas où on était. Des boîtes de conserves rouillées jonchaient le sol. Ces boîtes portaient un signe distinctif de l'armée française. Des abris souterrains partout. Plus tard on a découvert que c'était le centre des essais nucléaires français. On s'est retrouvé par moments à 150 personnes dans 50m2. Ils ont voulu nous déshumaniser. Des toilettes bouchées, une chaleur étouffante, une promiscuité de tous les instants. On n'avait aucun répit dans cette descente aux enfers. A un moment, on a organisé une grève dans le camp et l'on avait piraté la ligne téléphonique du responsable du camp. On a averti nos familles, la Croix-Rouge internationale et Amnisty International à Londres. Un mois après cet appel, on a eu leur visite. Après Reggane, j'ai été emmené à Oued Namous où je suis resté 18 mois. Après ma libération, j'ai été assigné à résidence. J'ai perdu en tout 18 Kgs et je suis malade des poumons."

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516956

EFFENDI

"J'ai d'abord été arrêté 46 jours et enfermé dans la prison militaire de MERS-EL-KEBIR dans la région oranaise. Une fois libéré le 16 août 1991, j'ai été arrêté et interné de février 1992 à novembre 1995. J'ai fait les différents camps: Reggane, Oued Namous, Aïn M'guel. J'ai subi comme tous les internés l'arbitraire. On se pose toujours cette question: pourquoi, pour quelle raison."

Algérie - 02/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516955

EFFENDI

"J'ai d'abord été arrêté 46 jours et enfermé dans la prison militaire de MERS-EL-KEBIR dans la région oranaise. Une fois libéré le 16 août 1991, j'ai été arrêté et interné de février 1992 à novembre 1995. J'ai fait les différents camps: Reggane, Oued Namous, Aïn M'guel. J'ai subi comme tous les internés l'arbitraire. On se pose toujours cette question: pourquoi, pour quelle raison."

Algérie - 02/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516953

BENAISSA MOHAMED

"J'étais en ballottage favorable pour le 2e tour des élections législatives avant qu'on m'arrête le 11 février 1992. Reggane est un camp inhumain. Comment un État peut-il envoyer ses citoyens dans des endroits irradiés ? Le système a voulu se débarrasser de nous silencieusement, sans témoins, sans un regard extérieur. Reggane est pire que Guantanamo. Après Reggane, j'ai passé 1 an à Oued Namous. Une odeur d'ammoniac vous prend à la gorge à l'arrivée dans ce camp. Les yeux nous piquent continuellement. Dans le camp se trouvent des malades qui ne reçoivent aucun soin. Si je rencontre Nezzar, je ne lui dirai rien. C'est un monstre."

Algérie - 14/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516952

BENAISSA MOHAMED

"J'étais en ballottage favorable pour le 2e tour des élections législatives avant qu'on m'arrête le 11 février 1992. Reggane est un camp inhumain. Comment un Etat peut-il envoyer ses citoyens dans des endroits irradiés ? Le système a voulu se débarrasser de nous silencieusement, sans témoins, sans un regard extérieur. Reggane est pire que Guantanamo. Après Reggane, j'ai passé 1 an à Oued Namous. Une odeur d'ammoniac vous prend à la gorge à l'arrivée dans ce camp. Les yeux nous piquent continuellement. Dans le camp se trouvent des malades qui ne reçoivent aucun soin. Si je rencontre Nezzar, je ne lui dirai rien. C'est un monstre."

Algérie - 14/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516951

AZI

"J'avais quinze ans quand j'ai été arrêté dans la rue, et envoyé dans les camps du sud. Actuellement, je n'ai ni logement, ni travail. Je suis dépressif et je vis sous anxiolytiques."

Algérie - 22/02/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516960

NORDINE BELMOUHOUB

"J'ai été interné dans le camp irradié d' In M'guel. Je n'ai jamais adhéré à un parti politique ni à un syndicat, ce qui me pousse à me demander depuis dix-sept ans pourquoi j'ai été interné. Le préjudice moral que j'ai subi est encore plus pénible que la torture et les formes d'intimidation dont j'ai fait l'objet. j'ai vécu un grand isolement après des mois d'internement. Assigné à résidence surveillée pendant deux années, j'ai perdu beaucoup de temps et d'argent pour le transport et surtout supporter la suspicion et le regard des autres, même si je n'avais rien à me reprocher. Je suis malade et j'ai beaucoup de mal à me faire soigner. En 2001, j'ai saisi la justice, en déposant une plainte contre le général Khaled Nezzar, ministre de la Défense Nationale au moment de l'internement. Ma plainte n'a jamais abouti jusqu'à ce jour. Nous continuerons notre combat jusqu'à ce que justice nous soit rendue."

Algérie - 12/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516928

AMROUCH DJAMEL

" On nous a arrêté la nuit à notre domicile. La police nous accusait d'être des terroristes. Après un court séjour à Boufarik, on nous envoie dans les camps du sud ( voir le témoignage de Zerrouati sur la vie dans les camps. ) Au bout de 4 années, on nous libère sans aucune explication. Assignés à résidence, on n'avait droit à rien. Ceux de la montagne ( les combattants du GSPC ) ont plus de considération que nous. "

Algérie - 15/02/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516959

MOHABIDINE NORDINE

" La police nous arrête la nuit à notre domicile. Elle nous accusait d'être des terroristes. Après un court séjour à Boufarik, on nous envoie dans les camps du sud ( voir le témoignage de Zerrouati sur la vie dans les camps. ) Au bout de quelques années,on nous libère sans aucune explication. Assignés à résidence, on n'avait droit à rien. Ils nous ont libéré comme ils nous ont arrêté, de nuit sans explication et sans jugement. "

Algérie - 19/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516925

MEDAH MOHAMED

" J'ai été arrêté en 1992 de nuit chez moi. Comme tout le monde, j'ai suivi le parcours habituel. Mostaganem, Oran-Reggane. Je ne savais pas qu'il y avait eu des essais nucléaires dans la région. J'ai remarqué que l'environnement immédiat du camp est différent de ce que je connais du Sahara. J'avais l'impression que le sable autour est vitrifié. Après 7 mois à Reggane, on m'envoie à Oued Namous où je suis resté 1 an et demi. Ce camp a une odeur particulière, une odeur d'ammoniac. Les conditions de vie sont rudes. Par moments on se retrouvait à 20 personnes dans des cellules de 32m2. La prison d'Abou-Ghraïb était sûrement inspirée de ce qu'on vivait dans ces camps. On vivait dans un isolement total. J'ai attrapé des maladies de peau. Un sentiment infini de solitude et d'injustice. J'ai été libéré en 1995 sans jugement, et sans réelle accusation. "

Algérie - 12/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517779

KAMEL

" J’étais bijoutier et j’habitais Baraki, une banlieue d’Alger. En février 1992 j’ai été arrêté avec d’autres personnes dans la rue à EL HARRACH ( quartier populaire d’Alger). On nous emmène à la caserne de la garde républicaine KHARROUBA. Plusieurs centaines de personnes aux arrêts s’y trouvent déjà. En ce lieu nous avons subit des interrogatoires. On nous interrogeait sur le fait qu’on appartenait à un parti politique le FIS ; qui n’était pas interdit à l’époque. L’interrogatoire était très éprouvant. On a subi des tortures. On était accusé de vouloir rejoindre les maquis. Après plusieurs jours de détention, on nous achemine dans des camions vers l’aéroport militaire de BOUFARIK. Toute la base était entourée de militaires. IL y avait aussi des chiens. On nous embarque dans des avions militaires enchaînés les uns aux autres. Il y’a plus de 300 personnes par appareil. En fonction de la région d’où nous venons, les militaires nous affectent dans tel ou tel camp. Au final on fait les 3 camps. Le premier camp se trouve à Regane à quelques Kms de la ville. Regane est connue pour les essais nucléaires Français. Le camp se trouve dans le périmètre de ces essais. La région ayant été contaminée par la radioactivité, une grande partie des internés est atteinte par les maladies liées à la radioactivité. La vie dans ces camps était très rude. En été la température dépassait facilement 45°. On était logé dans des baraques en tôle qui accentuait encore la chaleur. Le quotidien se passait entre les interrogatoires et la survie. On nous accordait 5 litres d’eau par personne.Des détenus mouraient de dysenterie et de sous-alimentation. Après onze mois dans ce camp, un matin on nous réunit dans la cour, et nous charge dans des camions direction OUED NAMOUS dans le sud ouest algérien. "

Algérie - 20/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516964

KAMEL

" J’étais bijoutier et j’habitais Baraki, une banlieue d’Alger. En février 1992 j’ai été arrêté avec d’autres personnes dans la rue à EL HARRACH ( quartier populaire d’Alger). On nous emmène à la caserne de la garde républicaine KHARROUBA. Plusieurs centaines de personnes aux arrêts s’y trouvent déjà. En ce lieu nous avons subit des interrogatoires. On nous interrogeait sur le fait qu’on appartenait à un parti politique le FIS ; qui n’était pas interdit à l’époque. L’interrogatoire était très éprouvant. On a subi des tortures. On était accusé de vouloir rejoindre les maquis. Après plusieurs jours de détention, on nous achemine dans des camions vers l’aéroport militaire de BOUFARIK. Toute la base était entourée de militaires. IL y avait aussi des chiens. On nous embarque dans des avions militaires enchaînés les uns aux autres. Il y’a plus de 300 personnes par appareil. En fonction de la région d’où nous venons, les militaires nous affectent dans tel ou tel camp. Au final on fait les 3 camps. Le premier camp se trouve à Regane à quelques Kms de la ville. Regane est connue pour les essais nucléaires Français. Le camp se trouve dans le périmètre de ces essais. La région ayant été contaminée par la radioactivité, une grande partie des internés est atteinte par les maladies liées à la radioactivité. La vie dans ces camps était très rude. En été la température dépassait facilement 45°. On était logé dans des baraques en tôle qui accentuait encore la chaleur. Le quotidien se passait entre les interrogatoires et la survie. On nous accordait 5 litres d’eau par personne.Des détenus mouraient de dysenterie et de sous-alimentation. Après onze mois dans ce camp, un matin on nous réunit dans la cour, et nous charge dans des camions direction OUED NAMOUS dans le sud ouest algérien. "

Algérie - 12/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0517776

BOUMRAH NORDINE

" La police nous arrête la nuit à notre domicile. Elle nous accusait d’être des terroristes. Après un court séjour à Boufarik, on nous envoie dans les camps du sud ( voir le témoignage de Zerrouati sur la vie dans les camps. ) Au bout de quelques années,on nous libère sans aucune explication. Assignés à résidence, on n’avait droit à rien. Ils nous ont libéré comme ils nous ont arrêté, de nuit sans explication et sans jugement. "

Algérie - 18/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516923

Benaissa Mohamed

" J'étais en ballottage favorable pour le 2e tour des élections législatives avant qu'on m'arrête le 11 février 1992. Reggane est un camp inhumain. Comment un Etat peut-il envoyer ses citoyens dans des endroits irradiés ? Le système a voulu se débarrasser de nous silencieusement, sans témoins, sans un regard extérieur. Reggane est pire que Guantanamo. Après Reggane, j'ai passé 1 an à Oued Namous. Une odeur d'ammoniac vous prend à la gorge à l'arrivée dans ce camp. Les yeux nous piquent continuellement. Dans le camp se trouvent des malades qui ne reçoivent aucun soin. Si je rencontre Nezzar, je ne lui dirai rien. C'est un monstre. "

Algérie - 14/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516954

L'un des signes visible de la radioactivité est la détérioration et la perte des ongles. Sur cette photo les ongles de BENAÏZED AHMED. Dans le creux de la main des pierres ramenées en souvenir du camp d'Aïn Ekker. Pierres peut-être radioactives. Parmi les prisonniers, plusieurs d'entre-eux ont ramené en souvenir des pierres des lieux de détention propageant ainsi la radioactivité.

Algérie - 20/03/2012

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Bruno Hadjih / Picturetank HAB0516924

Les personnes détenues dans les camps irradiés du sud, présentent des signes évidents de cancer de la peau.

Algérie - 12/03/2012

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