Tabaski* est la plus populaire et la plus grande fête religieuse du Mali, où la population est en majorité musulmane. Les jours qui précèdent, le pays tout entier est absorbé par les préparatifs en attendant de connaître la date fixée par le calendrier lunaire. Chaque père de famille doit acheter un mouton, pour célébrer le sacrifice d'Abraham, ainsi que des habits neufs pour la famille, afin de se présenter à Dieu dans une tenue correcte en ce jour de fête ; les enfants, particulièrement, sont ainsi équipés de neuf au moins une fois l'an. Les moutons envahissent les villes : on trouve des foirails sur le bord des routes et les embouteillages bloquent les boulevards. Toute la ville est dans la rue, l'argent circule frénétiquement. Les échoppes de tailleurs bourdonnent jusque tard dans la nuit, les journaux titrent sur les moutons et toutes les discussions des pères de famille portent sur leur prix, leur santé, jusque dans les bus et les queues à la banque où l'on demande des crédits pour couvrir les dépenses. Lorsque le grand jour arrive, les hommes se rendent le matin à la prière avec les jeunes garçons dans leurs boubous empesés et les vieilles femmes aux pieds teints au henné. Après la prière, les gens se souhaitent une bonne année "sembé sembé" et se demandent mutuellement d'effacer leurs offenses, car c'est également le jour du pardon. Puis les hommes égorgent le mouton lavé à l'aube, pendant que les femmes préparent le riz et les boissons sucrées. Les enfants mangent les premiers, puis circulent avec des plats de viande que les familles s'offrent mutuellement en fonction des liens d'amitié, de voisinage ou d'alliance. C'est l'occasion de faire l'aumône aux familles pauvres, mais aussi de faire étalage de sa richesse auprès de la communauté. [*] La Tabaski, plus connue sous le nom de "fête du mouton", est définie dans le Coran comme une fête se déroulant lors du pèlerinage à la Mecque. La date de la Tabaski étant dépendante du calendrier lunaire, elle n'est connue qu'une semaine à l'avance par décision d'une commission nationale. Fait original dans le monde musulman d’Afrique de l’Ouest, les fêtes religieuses ont des noms wolof : c'est le cas de la Tabaski, qu’on appelle aussi « Aïd El Kebir » dans les pays du Maghreb.
Bamako - Mali À une semaine de la fête de Tabaski (fête du mouton), les préparatifs vont bon train. Suivant la coiffure choisie, les filles peuvent passer entre 2 et 5 jours entre les mains expertes de tresseuses pour espérer devenir les plus belles du quartier.
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Les femmes redoublent de stratagèmes pour s'attirer les faveurs des hommes. Tous les prétextes sont bons pour se donner les moyens d'être belles, et pouvoir s'offrir un nouveau boubou, des bijoux, une belle coiffure avant la fête de Tabaski.
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Atelier de coiffure dans une rue de Bamako.
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À Lafiabougou, dans un des plus importants foirails de Bamako, un berger Peul montre fièrement une des bêtes de son cheptel dans l'espoir d'en tirer le meilleur prix.
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Dés la fin du mois de décembre, de nombreux bergers, souvent secondés par un ou plusieurs parents, parcourent plusieurs centaines de kilomètres à pied avec leurs troupeaux pour rejoindre les marchés importants des grandes villes.
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Le cours du mouton varie beaucoup en fonction de l'offre et de la demande pendant les jours qui précèdent la fête de Tabaski : Un mouton de taille moyenne coûte entre 50 000 et 150 000 Fcfa (500-1500FF), une fortune pour chaque chef de famille.
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Les bêtes sont choisies surtout en fonction de leur taille et de leur poids. mais les bergers portent aussi un soin particulier à la propreté du poil, et plus généralement à tout ce qui est susceptible d'attirer le client. La concurrence est rude.
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Une fois les négociations terminées, chaque chef de famille ramène son mouton avec les moyens du bord... À pied, sur les toits des sotramas (transports en commun), dans les coffres des voitures ou des taxis, les moutons sont partout.
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Les moutons vivent leurs dernières heures à l'entrée des concessions*, lieu idéal pour exhiber fièrement à ses voisins la richesse de sa famille, en fonction du nombre et de la taille des bêtes. (*) unité d'habitations où plusieurs familles cohabitent.
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La confection de boubous et de basins est l'autre activité économique lucrative de la fête traditionnelle.
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Les carnets de commande des tailleurs étant souvent surchargés pendant ces périodes de fêtes, les clientes attendent et veillent à ce que leurs habits spécialement confectionnés pour Tabaski soient bien prêts en temps et en heure.
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Les tailleurs travaillent souvent nuit et jour pendant la semaine qui précède Tabaski pour être sûrs de pouvoir honorer les nombreuses commandes de leurs clients.
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Il est 2h du matin à Bamako.
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Tabaski commence dans quelques heures et les femmes paufinent leurs coiffures jusqu'au dernier moment.
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Vêtus de leurs plus beaux habits, les enfants se rendent à la prière matinale.
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Les mosquées sont tellement pleines le jour de Tabaski que beaucoup de croyants se réunissent dans la rue pour la prière traditionnelle.
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Un trou est creusé pour recueillir le sang du mouton que l'on va égorger.
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Traditionnellement, c'est l'imam du quartier qui fait le tour des concessions pour procéder au sacrifice du mouton acheté par le chef de famille.
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Toute la journée, les femmes vont préparer religieusement les différents plats qui vont accompagner le mouton, chaque morceau étant destiné à une cuisson et une recette particulières.
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Pour une fois, les hommes participent à la préparation des repas le jour de Tabaski, notamment pour découper les abats du mouton et raser ses peaux qui seront récupérées.
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Les jeunes musiciens du quartier font le tour des concessions voisines pour souhaiter la bonne année, à l'image des griots traditionnels qui sont associés à chaque fête familiale importante (baptêmes, mariages, enterrements...)
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Les musiciens viennent danser et chanter les louanges de la famille qui habite la concession visitée. C'est pour eux un moyen de gagner de l'argent, ce qui augmente encore le budget que le chef de famille doit prévoir pour la fête.
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Un chef de famille et deux de ses enfants. Bamako, Mali.
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Mère et son enfant
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Mahamadou Keita est un jeune malien de Bamako. Passionné par le rap américain, ses amis le surnomment "Eminem". Fin de journée, après les obligations familiales, Bamako, Mali, 2005.
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Fin de journée, après les obligations familiales.
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Le doyen d'une concession avec son fidèle transistor
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Les moins jeunes terminent la journée en famille. Les hommes d'un côté... Les femmes de l'autre, Bamako, Mali.
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Les hommes d'un côté... Les femmes de l'autre. Ici, les trois femmes se sont fait confectionner leurs tenues dans le même tissu afin de faire quelques économies, Bamako - Mali.
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À la nuit tombée, les jeunes sont enfin détachés de leurs obligations familiales. Ils se retrouvent autour de quelques boissons et d'un radio-K7 qui diffuse en pleine rue du rap à tue-tête.
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