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La Cité des morts, Le Caire


Florence Lebert

«Je monte quelquefois sur la terrasse de la maison que j'habite dans le quartier cophte, pour voir les premiers rayons qui embrasent au loin la plaine d'Héliopolis et les versants du Mokattam, où s'étend la Ville des Morts, entre Le Caire et Matarée. C'est d'ordinaire un beau spectacle, quand l'aube colore peu à peu les coupoles et les arceaux grêles des tombeaux consacrés aux trois dynasties de califes, de soudans et de sultans qui, depuis l'an 1000, ont gouverné l'Egypte.» Gérard de Nerval, Voyage en Orient, 1850. La Cité des morts au Caire est un vaste quartier en bordure du centre, hérissé de dômes et de mausolées qui se dressent majestueusement au milieu d'habitations modestes. Il s'agit de l'un des plus anciens cimetières musulmans qui n'a cessé de s'étendre depuis les Fatimides jusqu'à l'époque mamelouk, pour constituer à la veille de la conquête ottomane une véritable ville. Au fil des siècles, une population s’est installée près des sépultures, mosquées et madrassas et dès le milieu du XIXème siècle, la pression démographique de la ville en pleine expansion trouve son exutoire dans les nécropoles : des quartiers d'habitations se créent au milieu des tombes. Les plus démunis et les nouveaux arrivants venus des campagnes y trouvent refuge. Bien qu'illégale, cette occupation des cimetières est largement tolérée par les autorités.



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