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Champs libres


Julie Bourges

Être « consom-acteurs » plutôt que simples consommateurs, participants actifs d’une exploitation bio, manger sain et moins cher tout en pérennisant le terroir local, telles sont les motivations d’une espèce citadine en voix d’expansion : les Amapiens. Un phénomène venu du Japon. Chaque semaine, le même jour et à la même heure, les Amapiens viennent chercher leur panier de légumes et repartent sans même sortir leur porte- monnaie. La production est payée sur six mois par avance. Le panier coûte 10 à 25 euros en moyenne. Il est calculé pour assurer un revenu correct au maraîcher. Ce système lui permet de cultiver sans verser dans la productivité à outrance. Depuis deux ans, la demande explose. À tel point que les agriculteurs de la soixantaine d’“Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne” en Ile-de-France ne peuvent plus suivre. Les Amap répondent en effet aux besoins d’une population citadine jeune et plutôt instruite pour un engagement associatif et militant. Cécile, 30 ans, vient chercher son panier avec sa fille tous les mercredis soirs aux Vergers de l’îlot à Fontenay-sous-Bois : « ma prise de conscience pour le respect de l’environnement m’a amenée à devenir membre d’une Amap » explique-t-elle. Henry, retraité de la RATP : « Cela donne du sens à nos achats », puis il rajoute : « pour nous citadins, aller de temps en temps à la ferme pour cueillir nos légumes avec les cultivateurs c’est un vrai bol d’oxygène… »



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