Une zone frontière. Fin de la route, fin du morceau de terre, plus rien devant soi, rien que la mer. Sur la terre du bout du monde il reste encore quelques fragments de décor, signaux, traces de vie. On s’invente timidement les lumières d'une ville au fond, histoire de se raccrocher à quelque chose, mais déjà c'est loin... Nous sommes après, arrivés là, un peu comme déposés, doucement comme perdus. S'invite alors une sensation d'absence, une sensation de solitude, une immersion en silence, intime, qui nous renvoie à nous-mêmes. On croit apercevoir, on s’imagine trouver quelqu'un, quelque chose qui resterait. Finalement ce n’est qu’une frêle esquisse de présence, une vague idée qui chuchoterait que l’homme est passé par ici. Dans ce ballet des fantômes on ressent du vide et on parcourt, toujours à la recherche, toujours en état d'errance cette terre douce et abandonnée.
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